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Que deviens-tu ?...Frank VONÉ

A 43 ans, et même s’il n’a plus foulé un terrain depuis quelques temps déjà, Frank Voné reste impressionnant. Son double mètre et ses cent (et quelques) kilos incitent toujours au respect. Ses propos aussi. Retour sur un parcours exemplaire.

 

"Franchement, ça ne me manque pas du tout !" Allons bon…Pour démarrer le portrait d’un ancien joueur qui a marqué le club et qu’on n’a plus revu au Cosec depuis un moment, on pouvait rêver mieux comme phrase d’introduction. Il va donc falloir que Frank Voné, puisque c’est de lui qu’il s’agit, nous en dise un peu plus sur cette mise à l’écart volontaire d’un milieu qui a été le sien pendant de si longues années. « Je pense que je n’ai plus vu un match de D1 à Sélestat depuis…1996. » Soit un an après l’arrêt d’une belle carrière de porteur de maillot violet avec 11 années de bons et loyaux services. L’explication de textes continue : « J’ai commencé à l’âge de 7 ans avec une première licence à Colmar et ensuite, je n’ai pratiquement pas arrêté. Et puis, quand tu as la chance de jouer au plus haut niveau, tu vis un peu dans un autre monde, et tu te dis qu’il ne peut rien t’arriver. Jusqu’au jour où on te fait comprendre que tu es vieux et cassé, et alors, la vraie vie commence. » Après Sélestat, « le gros » repiquera au truc avec d’autres anciens de la maison (Winogroszki, Momper, Faveeuw, Morlock ) pour une autre belle aventure et un titre de champion de France de N2 avec Colmar. (« J’y ai retrouvé ce que j’avais connu au début à Sélestat »).Avant une dernière petite pige d’un an (toujours avec des anciens violets (Gross, Lenne, Momper, Schirmeyer, Bléger, Morlock) au Racing Colmar où il retrouvera la D1…départementale et décrochera le premier titre de champion du…Haut-Rhin de sa carrière. Depuis, il faut chercher le jubilé de Marc Wiltberger pour retrouver une trace de Frank balle en main… « J’ai vraiment déconnecté. Quand j’ai une balle en mains, pendant quelques secondes, ça me démange parfois, mais dès que je la jette, c’est fini. »

Un sac de sports et une caisse de bière

Restent donc les souvenirs, et là il y a des choses à dire, mais aussi à filtrer, entre le dicible, le croustillant et « l’inrévélable ». Cette chronique du handballeur pas vraiment ordinaire avait à vrai dire commencé dès la signature au SCS : « En fait, je sortais du BJ et pas mal de clubs de D1 m’avaient fait des propositions. Mon père, qui tenait absolument à ce que j’aille à Sélestat avait réussi à me traîner au Cosec pour voir un match. Après, il y avait eu une fête, et ça m’avait bien plu… » Du coup, Frank Voné s’engage avec le SCS, sans contrat, sans agent, sans rien d ‘autre que la parole donnée…Autres temps, autres mœurs…Tous ses anciens coéquipiers se souviennent en tout cas du premier match de Franky sous ses nouvelles couleurs. « On partait en bus et on est allé le récupérer chez ses parents à Réguisheim » se souvient anonymement l’un d’eux. « Il attendait au bord de la route, avec son sac de sport d’un côté…et une caisse de bière de l’autre ! » une anecdote qui donne le ton d’une époque joyeuse et insouciante : « On se voyait tout le temps. Un soir, dans le clapier de 20m2 que j’occupais, on s’est retrouvés à…28. » On est alors encore loin du professionnalisme qui semble s’installer aujourd’hui. « Je me souviens de nos premières primes. On était trop contents d’être payés pour faire ce qui nous passionnait, et de se retrouver entre potes. A l’époque, on recevait une enveloppe à la fin du mois et la plupart de son contenu était dépensé à « La cervoise ». On jouait vraiment pour le maillot et pour le public. Il n’existait pas de public comme à Sélestat…Quand tu rentrais sur le terrain et que tu entendais « Eye of the tiger » avec tous ces supporteurs, il se passait un truc… Et puis est arrivée la montée en D1, un truc de fous ! » Le club passe à 9 entraînements par semaine. Le nombre de bringues hebdomadaires lui ne change pas, et il faut ajouter pour Frank et deux, trois autres, un vrai métier.

L’importance de l’esprit d’équipe

Et c’est peut-être cet aspect qui restera la chose la plus importante dans sa carrière : « J’ai aussi signé à Sélestat parce que c’était le seul club qui s’était préoccupé de me trouver un boulot. J’avais raté mon bac deux fois, et j’ai commencé quelques mois dans la boîte de Raymond Hahn, Lempereur- Duparc, où je faisais un peu tout. » Ensuite, viendra un long passage de 14 ans chez Transport Jung (partenaire actuel du club), avec un poste de responsable d’exploitation, puis 5 ans avec un poste équivalent chez TFE. Aujourd’hui, chez Herbrich à Châtenois, Frank Voné est directeur d’exploitation et coordinateur des marchandises générales. Et l’aspect management de son travail le ramène à ses racines sportives : « C’est comme pour un entraîneur, ton équipe doit être performante. Et pour motiver les gens avec qui je travaille, je me sers de l’esprit d’équipe que m’a apporté le hand. » Un lien qui est vraiment le seul actuellement de Frank Voné avec le handball et le sport de haut niveau. « Aujourd’hui, le hand n’est vraiment pas essentiel dans ma vie » poursuit-il, avant de conclure : « Mais un jour, je ferai l’effort… ».

Une petite anecdote...pour voir la vidéo, cliquez ici
LNH FFH Selestat CCS CG67 Région Alsace
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