> Sélestat a pu rêver une mi-temps à Montpellier

Rédigé le 25/09/2014.

 

Sélestat a fait mieux que de se défendre, hier soir, à Montpellier. Mais les Alsaciens ont fini par baisser pavillon, croqués physiquement par Montpellier, leur adversaire mieux armé (34-24).

 

C’est lourd, et pourtant Sélestat n’a peut-être jamais été aussi proche d’un exploit à Montpellier. Il serait réducteur de dire qu’il lui a manqué vingt minutes. Il lui a surtout manqué les rotations de son adversaire, qui a mené un véritable travail physique pour petit à petit prendre l’ascendant et finalement se détacher dans les grandes largeurs en fin de match. Dix buts, c’est beaucoup, beaucoup trop pour une formation qui était encore au contact à la mi-temps (15-15). Et qui avait pris les devants à plusieurs reprises dans cette rencontre, à des moments anecdotiques (2-3, 5e ), mais pas seulement.

 

Les stats parlent d’elles-mêmes. Les Alsaciens, qui ont encaissé énormément de buts depuis le début de la saison, tenaient d’abord le choc frontalement, défensivement, contre la force de frappe de Simonet and co. La défense bloquait les intervalles et Kappelin se chargeait du reste en alignant les arrêts dans toutes les positions. Sur des immanquables, à neuf mètres, devant les ailiers ou face au (x) pivot (s).

 

Pesic donne trois buts d’avance

 

Il allait finir la rencontre à 25 arrêts après avoir longtemps dépassé les 50 % de réussite dans ses cages. C’est lui qui avait donné deux buts d’avance une première fois après deux arrêts (3-5, 9e ). Et même si l’équipe ne parvenait pas ni n’avait l’envie de mettre en place un jeu rapide, elle trouvait les solutions en attaque placée (8-10, 18e , sur un penalty de Gudjonsson), puis une contre-attaque de Pesic (8-11, 21e ), preuve que Sélestat pouvait aussi mettre en place son jeu rapide. Au point que Patrice Canayer posait son temps-mort dans la foulée…

 

On se disait alors qu’avec un dernier rempart en état de grâce, l’exploit n’était pas seulement une vue de l’esprit. Malheureusement pour les Alsaciens, le retour des vestiaires devait être plus douloureux. Plus agressif en défense, Montpellier poussait Sélestat à commettre des erreurs et profitait de ses pertes de balle. Et si Kappelin n’était pas encore redescendu de son nuage, son homologue Losert (remplaçant de Siffert dans les buts) se mettait au niveau. Dans le jeu, mais aussi sur la ligne de réparation. En excellant dans l’épreuve des jets de 7 mètres, avec 3 arrêts en 4 tirs, il écœurait ses adversaires et mettait le doute chez les tireurs de Sélestat.

 

Le but de Kavticnic (21-16, 42e ) sifflait la fin de la récréation. Sélestat qui avait cru à l’exploit avait perdu en dix minutes le fruit d’une demi-heure d’effort. Le pire était à venir, avec un Simonet déterminant, à la baguette comme aux shoots. Montpellier finissait le travail en roue libre, Gajic amassait quelques penalties et la belle histoire alsacienne s’évaporait dans une rencontre désormais à sens unique.

 

Article L'Alsace

 

Photo Patricia Glorion