> « Ce n’est pas comme si j’avais débarqué sur la lune »

Rédigé le 24/11/2014.

 

Son curriculum vitae fait de Snorri Stein Gudjonsson la star du SAHB. A 33 ans, l’Islandais, vice-champion olympique en 2008, s’est engagé avec le club sélestadien pour deux ans. Vendredi, avant une séance d’entraînement, le demi-centre a accepté d’évoquer sa nouvelle vie dans la cité humaniste.

 

De l’Islande, nombreux sont les Sélestadiens à probablement ne rien connaître, si ce n’est, peut-être, le fameux volcan au nom imprononçable ayant perturbé l’espace aérien en 2010. Les supporters du SAHB ont, eux, appris à connaître l’Islandais Snorri Stein Gudjonsson depuis son arrivée au club cet été.

 

Son début de saison

La victoire à Tremblay, mercredi, a relancé une équipe du SAHB jusque-là plutôt moribonde. « Quand on perd un match, on perd aussi de la confiance, observe l’Islandais. Si je suis soulagé ? Oui, chaque victoire compte. » A titre personnel, si le demi-centre n’a inscrit que trois buts face aux Franciliens, il est à la troisième place au classement des buteurs du championnat, avec 72 buts en dix rencontres. « Ça n’est pas le plus important, insiste-t-il, j’essaie juste de bien jouer. Je préférerais avoir marqué moins de buts, mais avoir plus de points. »

 

Sa venue au SAHB

Avec son expérience et son palmarès, notamment un titre de vice-champion olympique aux Jeux de 2008, assorti de celui de meilleur demi-centre de la compétition, on s’étonne presque que Snorri Stein Gudjonsson ait choisi de poursuivre sa carrière à Sélestat. « Je voulais venir en France, le deuxième meilleur championnat au monde. J’ai joué cinq ans en Allemagne, six ans au Danemark, où j’aurais pu rester un an de plus. Mais j’ai 33 ans, il était temps de relever un nouveau challenge et c’était peut-être la dernière opportunité de venir jouer en France. » Un pays que l’Islandais connaît bien pour y être régulièrement venu lorsqu’il était plus jeune. « Ma tante est mariée à un Français. Ils ont longtemps habité Sarreguemines. J’y suis allé plusieurs étés quand j’avais une dizaine d’années, on partait vers le sud, en Bretagne… »

Son choix, il l’a fait en concertation avec son épouse. « Ce genre de décision est familial. Car si votre famille ne se sent pas bien, vous ne jouez pas bien. »

 

Sa vie à Sélestat

« Ma femme et moi, nous sommes des gens de la ville. Ici, c’est petit , même si je le savais », sourit celui qui, en Islande, vivait à Reykjavik, la capitale, forte de 120 000 habitants. « Mais ça va, il y a quand même internet, ce n’est pas comme si j’avais débarqué sur la lune », lance-t-il dans un grand éclat de rire.

Snorri vit à Sélestat avec sa femme et ses deux enfants Bjarki, un garçon de 6 ans scolarisé à Sélestat, et Elsa, une fille qui fêtera ses 3 ans en janvier. « Bjarki s’adapte vraiment très bien, il joue avec ses copains, utilise ses mains pour communiquer avec eux. Il ne se plaint pas. » Snorri communique quant à lui principalement en anglais avec ses coéquipiers et confie comprendre quelques mots en français. « Je suis en train d’apprendre, mais c’est une langue difficile. Quand je jouais en Allemagne et au Danemark, c’était plus simple car ce sont deux langues que j’ai étudiées à l’école. »

 

Lorsqu’il ne joue pas, le demi-centre aime se balader dans les alentours. Et il a profité de la venue de ses parents cet été pour visiter le château du Haut-Koenigsbourg. Les spécialités gastronomiques alsaciennes, en revanche, ne l’ont pas impressionné. « Les tartes flambées, ça va, la choucroute, à peu près aussi, mais je ne suis pas très “viande”. » Le demi-centre regrette le poisson qu’il pêchait lui-même et qu’il avait l’habitude de manger en Islande. « Le poisson islandais est le meilleur au monde. Ici, quand je vais au restaurant, je préfère ne pas en commander », sourit-il.

 

L’Islande

Lorsqu’il est arrivé en Alsace, Snorri Stein Gudjonsson n’a pas été perturbé par le climat, qu’il juge « assez similaire » à celui de son pays natal. « Beaucoup de gens croient qu’il n’y a que de la neige en Islande, mais c’est une légende. Comme ici, ça peut arriver. La principale différence, c’est le vent. Comme l’Islande est une île, il y en a toujours.

Snorri a quitté l’Islande il y a douze ans. « Mon pays me manque, bien sûr. » Il y retourne principalement l’été ou lorsqu’il est convoqué avec l’équipe nationale. Cette année, il aura néanmoins la chance d’y passer Noël, car même s’il est sélectionné pour le Hand Star Game le 20 décembre, la compétition ne reprend que début février. « Quand j’étais en Allemagne et au Danemark, je jouais le 26 décembre car il y avait toujours une journée de championnat ce jour-là. Qu’est-ce que je n’aimais pas jouer le 26 décembre ! Noël, ça doit être en famille, relax. »

 

Article DNA

Photo DNA - FD