> Sélestat méritait mieux

Rédigé le 05/03/2015.

 

Malgré une équipe amoindrie par les blessures, Sélestat a trouvé des ressources insoupçonnées en livrant une héroïque résistance à Saint-Raphaël, troisième du classement, qui a logiquement fini par s’imposer dans le dernier quart d’heure (31-27).

 

La porte était étroite. Ils le savaient. Mais ils ont tous poussé très fort pour faire sauter le verrou. Elle a certes tremblé mais elle n’a pas cédé. Malgré toute la bonne volonté d’une équipe privée d’une bonne partie de ses arrières, le talent de Stevan Vujovic et le culot d’un Rudy Seri à peine revenu de blessures, qui ont marqué huit buts chacun, Sélestat n’est pas parvenu à créer la surprise.

 

Contrairement à Toulouse, devenu par la force des choses son adversaire direct, qui est parvenu à partager la mise avec Paris, les Violets d’Alsace sont encore une fois sortis bredouilles de leur match à domicile. Le huitième perdu d’affilée. Ce qui explique en grande partie la mauvaise posture au classement du SAHB. Mais l’un des plus beaux de la saison si l’on tient compte des moyens actuels du club.

 

Les jeunes prennent leur responsabilité

 

Hier, deux gamins qui n’en sont qu’à leur première saison dans l’effectif du groupe pro ont tenté de garder le bateau à flot. En l’absence des titulaires de la ligne arrière (Beauregard, Ghita, Gudjonsson, Vujic), Yanis Lenne, du haut de ses 18 ans, et Rudy Seri, qui n’aura que 21 ans le mois prochain, ont livré un magnifique combat pour tenter un pied de nez à la logique. Le plus âgé a évolué pendant près de 50 minutes sur un nuage. Signant le match le plus abouti de sa carrière naissante : 8 buts pour une douzaine de tentatives. Mystifiant sans vergogne l’un des gardiens les plus expérimentés de la Ligue : Slavisa Djukanovic. Il lui a juste manqué d’un peu de carburant dans les dernières minutes pour réussir une prestation parfaite dans la mesure où il a perdu quelques ballons précieux en fin de match. Mais sans prise de risques, Sélestat n’avait aucune chance de passer.

 

Yanis Lenne a aussi fait apprécier ses qualités de battant et son à propos notamment en fin de première période lorsqu’il a réussi à égaliser (16-16) dans la dernière minute du premier acte. Mais aussitôt après, un engagement rapide offrait un but facile aux Raphaëlois juste avant la pause. Les Sélestadiens ont d’ailleurs encaissé beaucoup trop de buts de ce genre. À peine avaient-ils marqué qu’ils prenaient une flèche en contre.

 

À bout de forces

 

Ce but d’écart au repos (16-17) résumait plutôt bien la physionomie d’une première période durant laquelle les deux équipes se sont rendu buts pour buts. Avec deux fines gâchettes de chaque côté du terrain : Stevan Vujovic, rarement aussi offensif et efficace (6 buts durant les trente premières minutes), côté local, et Aurélien Abily, proprement inarrêtable, puisqu’il rentrait aux vestiaires avec un total de 8 buts à son actif en faveur des visiteurs. À plusieurs reprises, les Azuréens avaient cru faire le break (4-6, puis 8-10) mais à chaque fois, Sélestat revenait à leur hauteur. Et a même mené plusieurs fois jusqu’à 8-7 à la 12e.

 

Le début de la seconde période allait rendre la tâche encore plus dure aux hommes de Christian Gaudin qui piochait sur son banc pour faire tourner l’effectif et tentait de nombreuses choses quand Saint-Raphaël passait un 3-0 (17-20, 37e ). Vaillamment les Sélestadiens sont revenus à une unité (19-20 à la 40e ou 21-22 à la 43e ). Mais les minutes commençaient à peser et les forces à décliner. Même si le SAHB résistait et pouvait encore croire au miracle à quelques minutes du terme (25-27), il n’était plus en mesure d’empêcher son adversaire d’enfoncer le clou (27-31). Assurément les Violets auraient mérité mieux hier soir.

 

Article L'Alsace - CW

Photo L'Alsace - DW