> L’heure de la reconstruction

Rédigé le 15/05/2015.

 

Sélestat et la D1, c’est fini. Au moins temporairement. Le club violet va devoir analyser les raisons de cet échec. Et s’appuyer sur ses forces, nombreuses, pour rapidement revenir à sa place.

 

Ce n’est pas sur les bords de la Garonne que le maintien s’est envolé (31-29). Le mal était fait depuis plus longtemps. Mais les Violets ont au moins dit au revoir à la D1 avec dignité.

 

« Notre sort est scellé avec cette défaite contre Toulouse, mais je pense pouvoir dire que l’on sort la tête haute », souligne Christian Gaudin.

 

« C’est d’abord une grande déception »

 

Alors qu’ils avaient montré le pire une semaine plus tôt face à Nîmes, les Sélestadiens n’ont pas été loin du meilleur dans la Ville Rose. « J’ai vu un état d’esprit remarquable, apprécie ainsi le technicien sélestadien. On doit préserver cette envie, cette détermination qui nous ont fait défaut à certains moments. Là, j’ai vu le visage d’une équipe qui me correspond en tant qu’entraîneur. Il y a quand même quelque chose dans ce groupe, une âme. Et ça peut être intéressant pour reconstruire. »

 

Oui, Sélestat s’est battu mercredi, avec un certain panache, même si cela arrive évidemment trop tard. « Dans notre situation, on ne peut pas dire le contraire », commente Christian Gaudin.

 

Voilà, le club alsacien est de retour en D2 et cela vient mettre un terme, presque logiquement, à une saison où rien ne se sera passé comme prévu : trop de contre-performances, pas assez de victoires à domicile, trop de blessés (notamment quand Christian Gaudin a repris l’équipe en février).

 

Sélestat espérait avoir construit, sur le papier, l’une des plus belles équipes de son histoire. Elle fera finalement partie des quatre, dans cette même histoire du club, qui sont redescendues à la case D2. Pouvait-il en être autrement ? Peut-être, peut-être pas.

 

On ne pourra pas reprocher aux dirigeants sélestadiens un quelconque immobilisme, même si l’effectif a souffert d’un trop grand bouleversement durant l’intersaison, même si le changement d’entraîneur, on le répète, est survenu beaucoup trop tardivement.

 

Jean-Luc Le Gall aurait-il maintenu le club en D1 ? Personne ne peut répondre à cette question. Avec un groupe touché et bancal, Christian Gaudin pouvait-il faire mieux ? Personne, là non plus, n’a la réponse. Appelé au feu, le pompier Gaudin n’a pas réussi à éteindre l’incendie qui couvait depuis longtemps.

 

« C’est d’abord une grande déception, souffle ce dernier, conscient néanmoins que le challenge n’était pas loin de confiner à l’impossible, notamment en prenant en main les rênes de l’équipe à trois jours de la reprise. Avec plus de temps, les choses auraient-elles été différentes ? On ne le saura jamais. Mais je n’ai aucun regret. J’ai accepté cette mission en sachant dès le départ qu’elle était complexe. »

 

Christian Gaudin restera-t-il ?

 

Il faut désormais reconstruire. La possibilité d’un repêchage administratif existe, dans le cas où le vainqueur des play-offs de D2 ne peut pas réunir le budget nécessaire pour évoluer en LNH. Mais pour l’instant, c’est bien sur un scénario en D2 que les dirigeants sélestadiens doivent plancher.

 

Il va falloir, entre autres, convaincre les partenaires de maintenir leur engagement. L’histoire récente – Créteil, Ivry – montre que les relégués remontent aussitôt quand ils ont pu conserver un budget quasi-identique et une forte ossature sur le plan sportif.

 

Maintenant que la situation est clarifiée, certains dossiers vont enfin pouvoir avancer. On pense aux joueurs en fin de contrat (Pesic, Beretta, Fulop, Clementia, Vujovic, François-Marie, sachant que l’option pour prolonger d’une saison avait été activée concernant Ghita et Joli), à ceux encore sous contrat, mais qui pourraient tout de même devoir partir.

 

On pense surtout au dossier du coach, le premier que Sélestat doit mener. Christian Gaudin sera-t-il toujours sur le banc violet la saison prochaine ? La question est ouverte. La D2, le double champion du monde connaît. C’est là qu’il avait démarré sa carrière d’entraîneur avec Saint-Raphaël en 2005, faisant monter le club varois en LNH deux ans plus tard.

 

La réponse sera connue bientôt. Son passage lui aura en tout cas permis de voir que le club alsacien a des atouts pour très vite rebondir (même si le budget devra augmenter pour exister durablement en LNH). Sélestat, c’est une histoire – 21 saisons en D1 –, un public, un engouement, une expérience, un savoir-faire.

 

Des atouts pour rebondir

 

« C’est un bon club, qui doit fédérer autour de lui pour devenir le porte-drapeau de la région, un club qui mérite l’attention. Et où le potentiel existe pour rebâtir. » On pense à sa jeunesse dorée, Seri, Lenne et Meyer en tête. « L’avenir travaille pour nous », affirme Christian Gaudin.

 

Sélestat a toujours su se relever après une descente. Le défi lui est à nouveau lancé.

 

Article DNA - SG

Photo SC