> Le lien renoué

Rédigé le 06/07/2015.

 

Il y est né voilà 27 ans. Depuis quelques mois, il en porte désormais, avec fierté, le maillot. Le pivot sélestadien Olivier Jung va participer aux Jeux Panaméricains (10-26 juillet) avec le Canada, renouant ainsi le lien avec son pays natal.

 

Il aurait pu opter pour des vacances farniente, les pieds en éventail sur une plage de sable fin. Olivier Jung, au contraire, a choisi de consacrer son mois de juillet au… handball.

 

Et à partir de vendredi prochain, il portera les couleurs du Canada aux Jeux Panaméricains à Toronto.

 

Remontons le fil de l’histoire. « Je suis né au Canada », un jour de février 1988, indique le pivot sélestadien. Plus précisément à L’Ancienne-Lorette, dans l’agglomération de Québec, où ses parents avaient alors élu domicile. « J’ai toujours eu la double nationalité. »

 

« Je découvre une autre culture, c’est enrichissant »

 

Le retour en Alsace est rapide, avant même qu’il n’ait eu le temps de souffler sa deuxième bougie. Olivier Jung s’essaie au handball avec bonheur, fréquente l’équipe de France dans toutes les catégories de jeunes, embrasse une carrière pro à Sélestat, son club formateur (225 buts en 124 matches de D1).

 

Mais pas au point de pouvoir toquer à la porte de la “grande” équipe de France. « Le coup de fil de Claude Onesta (le sélectionneur des Bleus, ndlr) n’est jamais venu », plaisante-t-il. L’Alsacien s’est donc tourné vers son pays natal. Un peu par hasard.

 

« Je ne savais pas grand-chose sur la sélection canadienne », avoue le pivot violet. Le contact s’est noué via son ancien coéquipier sélestadien Arnaud Freppel, lui-même ancien coéquipier d’Alexis Bertrand, international canadien passé par Ivry, Cesson ou Saintes.

 

« Je suis allé voir un match du Canada contre Plobsheim il y a un peu plus d’un an. Alexis m’a demandé si j’étais intéressé pour jouer avec eux. J’ai tout de suite accepté. » Et en octobre dernier, Olivier Jung a revêtu pour la première fois le maillot du Canada lors d’un stage au Mexique.

 

Soyons clairs, ce n’est pas pour le niveau de jeu que l’Alsacien s’est lancé dans cette aventure. Simplement pour le plaisir d’en vivre une autre, différente. « Je voyage, je découvre une autre culture, une autre mentalité, c’est enrichissant. J’ai rencontré des coéquipiers qui sont devenus des amis. De mon côté, j’essaie de partager mon expérience, ce que j’ai appris durant ma formation en France. C’est surtout du plaisir… »

 

« Ça me permet d’avoir un lien plus fort avec le Canada »

 

Dans quelques jours, à domicile, le Canada va tenter de briller aux Jeux Panaméricains, compétition qualificative pour les JO l’année prochaine. Le Sélestadien sait pertinemment qu’il sera très difficile d’accrocher le wagon pour Rio, l’une des deux premières places étant promises à l’Argentine et au Brésil.

 

L’objectif est donc de monter sur le podium. « Ce serait une première pour le Canada. Un résultat comme celui-là aiderait pour le développement du handball là-bas. » Car la petite balle ronde reste encore méconnue, voire inconnue, dans le pays découvert par Jacques Cartier.

 

La sélection nationale forme un ensemble hétéroclite, avec des joueurs venus des confins du pays. « Certains viennent de la forêt », rigole Olivier Jung. C’est le cas du gardien, qui habite loin, très loin dans l’ouest canadien. Et qui ne joue au hand, comme certains autres de ses coéquipiers, que lors des rassemblements.

 

Malgré tout, le niveau s’élève, pas à pas. Certains commencent à tenter leur chance en Europe, à l’image de Justin Larouche, charpentier et arrière droit de 19 ans, que l’on verra la saison prochaine en Alsace.

 

Olivier Jung s’apprête à découvrir les Jeux Panaméricains, très populaires de l’autre côté de l’Atlantique (la compétition rassemble 41 nations dans une multitude de disciplines : cyclisme, athlétisme, basket-ball, natation, etc.).

 

« Je suis impatient d’y aller. Ça va être dingue ! La cérémonie d’ouverture, la vie au village des athlètes… » Cette expérience, Olivier Jung entend en profiter « au maximum », sportivement, mais pas seulement.

 

Pour lui, tout cela va bien au-delà du handball. « Même si j’ai encore de la famille là-bas, même si j’y étais retourné plusieurs fois, le fait de jouer pour l’équipe nationale est une grande fierté, ça me permet d’avoir un lien plus fort avec le Canada. C’est quand même le pays où je suis né. »

 

Article DNA

Photo M. Pulicano