> Une image à restaurer

Rédigé le 31/08/2015.

 

Quatre ans après s’en être extirpé, Sélestat est retombé en ProD2. Si la remontée est dans tous les esprits, le SAHB se donne deux ans pour arriver à ses fins avec un groupe rajeuni qui devra aussi faire oublier une saison ratée.

 

Au sortir d’une saison ratée qui lui a valu de perdre sa place dans l’élite, le SAHB est dans l’obligation d’inverser la tendance à l’étage inférieur. Lors de sa précédente dégringolade en 2009, Sélestat avait mis deux ans à remonter. Cette fois encore, le club se donne deux saisons pour voir plus haut. Pas seulement par prudence, mais aussi parce que la concurrence est rude. « Venant de la LNH, on fait partie des favoris. Il faut l’assumer , constate Christian Gaudin. Mais comme il y a eu beaucoup de mouvements chez nous durant l’intersaison et que nous construisons sur une base relativement jeune, j’ai fixé comme objectif à l’équipe de finir dans les cinq premiers. C’est le minimum. Si on fait ça, la saison sera convenable. En dessous, ce sera une déception. »

 

Avec cette pancarte d’ex-LNH dans le dos, Sélestat sera l’équipe à battre. Elle doit se préparer à un combat permanent et éviter de nombreux pièges. Dans un championnat où la vérité d’un jour n’est pas celle du lendemain. Dans une course à longue haleine où seule la première place à valeur de ticket pour le paradis, la deuxième accession étant tributaire de tellement de paramètres qu’elle s’apparente davantage à une loterie. Raisons pour lesquelles les Violets avancent avec prudence dans un niveau que Christian Gaudin n’avait plus fréquenté depuis 11 ans, après avoir réussi à y faire éclore Saint-Raphaël voilà plus d’une décennie. « Je vais redécouvrir la D2. Mais je n’ai pas l’intention d’y rester. Ça s’apparente un peu à une guerre de tranchées, même si le niveau a bien évolué. » Contraints par la force des choses et, surtout, par les réalités budgétaires (de 1,9 à 1,3 million euros d’une saison sur l’autre) à jouer la carte jeunes, le coach et les dirigeants violets tablent sur l’avenir. Plaçant leurs espoirs sur de véritables diamants bruts.

 

« Maintenir un niveau d’excellence »

 

Rudy Seri, Julien Meyer et Yanis Lenne l’ont démontré cet été en décrochant le titre mondial dans leur catégorie d’âge respective. En signant leur premier contrat avec Sélestat, ils vont pouvoir franchir un cap et aider leur club à redresser la barre. « Ce n’est pas forcément un cadeau pour ces jeunes joueurs qui vont découvrir un nouveau statut. Ils devront composer avec la pression de la performance qu’ils n’avaient pas forcément avant , prévient leur coach. Je ne suis pas trop inquiet parce qu’ils sont talentueux. Mais ils auront un manque d’expérience par rapport à des joueurs plus huppés. »

 

En matière de vécu, le groupe de Christian Gaudin a quand même de bons arguments à avancer. Malgré les nombreux départs, il peut s’appuyer sur des cadres comme Beauregard et Jung qui connaissent la maison, ou des recrues comme Martin ou Sargenton pour qui la D2 n’a pas de secrets. Et puis, surtout, l’équipe sort d’une saison ratée qu’il convient de faire oublier en commençant par renouer avec des victoires à domicile, là où bat le cœur du club avec des supporteurs qui ne demandent qu’à être séduits par leur équipe.

 

Christian Gaudin qui est arrivé au cœur de l’hiver n’avait pas pu inverser la tendance. Cette fois, il compte bien redresser la barre. En plaçant les joueurs devant leurs responsabilités. « J’attends beaucoup des joueurs qui étaient là l’an passé , martèle le technicien. Ils devront redorer leur image et celle du club. Ce que j’ai vécu en fin de saison dernière ne m’a pas plu. On a oublié pas mal de professionnalisme. Je ne l’ai pas oublié. On est tous fautifs, mais à un moment, il faut réagir. Ceux qui arrivent devront aussi justifier la confiance qu’on leur accorde. Car je veux qu’on puisse maintenir un niveau d’exigence et d’excellence quand on est joueur à Sélestat. »

 

Le premier rendez-vous contre Massy, en fin de semaine, donnera déjà un aperçu de ce qui attend Sélestat cette saison.

 

Article L'Alsace : CW

Photo L'Alsace : DW