> Les joueurs sur le terrain du français

Rédigé le 03/02/2012.

 

Obrad Ivezic, Djordje Pesic, Pawel Podsiadlo et Yuriy Petrenko ont décidé de continuer leur carrière de joueur de handball à Sélestat. Et mis à part Yuriy, arrivé en France en 2005 à Dunkerque et passé depuis par Paris, les autres ne parlaient ni ne comprenaient le français lorsqu’ils ont posé leurs valises en Alsace centrale. D’aucuns diront que cela représente un frein pour s’intégrer à un nouvel environnement. Pas Véronique Seltemann, formatrice en langues rattachée au Greta Centre-Alsace : « Appréhender la langue comme un handicap serait une erreur. Il existe toujours une manière de se faire comprendre, surtout lorsqu’on est obligé ».

 

Mandatée par le SAHB pour familiariser les joueurs ainsi que leurs familles avec la langue de Molière, elle mène sa mission avec une grande détermination. « L’objectif pour eux, c’est de comprendre, d’arriver à se faire comprendre et surtout de prendre du plaisir à parler la langue. L’idéal serait qu’ils arrivent à se débrouiller dans la vie de tous les jours, car je n’ai pas la prétention de dire qu’ils parleront un français parfait à la fin des cinquante heures de cours », admet-elle avec humilité.

 

Prendre du plaisir ; c’est le leitmotiv autour duquel Véronique Seltemann construit, adapte et organise ses séances. « J’adapte le contenu du cours au niveau et au rythme de chacun, la plupart du temps sous forme de petits jeux de rôle ou des exercices où ils doivent se déplacer, afin que tout le monde s’y retrouve. Par exemple, Yuriy a plus de facilités car il est arrivé en France depuis plus longtemps que les autres, à l’inverse de Djordje qui vient du championnat de Serbie et qui ne savait parler ni le français ni l’anglais lorsqu’il s’est installé à Sélestat ».

 

Rôle prépondérant des femmes

 

a formatrice, par ailleurs grande supportrice du SAHB, souligne également l’importance de la présence des femmes et des enfants des joueurs lors des séances : « Les épouses sont vraiment un moteur et une source de motivation pour les hommes. Elles ont choisi de suivre leurs maris jusqu’ici à Sélestat mais, contrairement à eux, elles n’ont que très peu l’occasion de sortir de la maison et donc de se confronter à la culture et à la langue, d’où la grande importance qu’elles accordent à ce cours ».

 

Suite de l' article L'Alsace