> L. HILD : "On n’a rien à envier à personne"

Rédigé le 20/09/2016.

 

L’absence n’a pas été si longue. Un an après l’avoir quittée, Sélestat retrouve sa place dans l’élite du handball français. Pourtant, en quelques mois à peine, le paysage du haut niveau a encore évolué. La Ligue Nationale s’est agrandie en englobant également les équipes de D2. Il faudra s’habituer aux nouvelles dénominations. On dira désormais Proligue pour les clubs du deuxième niveau et, surtout, Starligue pour la D1.

 

C’est dans ce nouveau decorum que Sélestat remettra les pieds. S’il reste familier pour un club qui s’apprête à disputer sa 22e saison au plus haut niveau, ce clinquant n’a rien à voir avec l’ADN d’un représentant d’une agglomération de 20 000 habitants, qui préfère rester discret plutôt que parader.

 

Oui, le SAHB est loin de la tendance actuelle qui voit les grands clubs recruter des vedettes à tour de bras. Il n’en a pas les moyens dans un monde de plus en plus professionnel où l’argent est devenu le nerf de la guerre.

 

Un an a donc passé depuis la dernière relégation et l’équipe actuelle n’a quasiment plus rien à voir avec celle qui a dégringolé. Seuls Olivier Jung et Frédéric Beauregard, qui font presque figure de dinosaures dans un effectif remodelé et sensiblement rajeuni, ont connu l’ancienne époque. Ce changement a également eu cours à la tête du club, puisque Laurent Hild a hérité cet été du costume de président dévolu à Vincent Momper pendant cinq ans.

 

S’il a ses idées, ce nouveau patron ne va pas tout chambouler dans l’ordonnancement d’un club qui repose sur de solides piliers tels son directeur général, Christian Omeyer, dont les fonctions ont été élargies, et l’entraîneur, l’autre Christian, Gaudin. « J’ai souhaité qu’il apporte sa philosophie de jeu à toutes les équipes du club, des plus jeunes jusqu’à l’équipe pro. C’est une manière également de renforcer sa position. C’est important qu’il y ait le moins d’intervalles entre l’entraîneur et la direction » , souligne le nouveau patron du SAHB.

 

« J’ai retenu les leçons du passé »

 

Le recrutement s’est donc fait « en totale harmonie » , selon Laurent Hild. Les mouvements ont encore une fois été nombreux. Six joueurs arrivent chez les Violets. Quatre les quittent. L’effectif comprend quinze pros et trois joueurs du centre de formation. La moyenne d’âge de l’équipe est l’une des plus jeunes du championnat. Son niveau d’expérience tout autant.

 

« Même si je disposais du double du budget (NDLR : entre 1,8 et 1,9 M€), j’aurais aussi construit une équipe avec des jeunes , lance Laurent Hild. J’ai retenu les leçons du passé. Il y a deux ans, on avait construit une équipe qui devait se maintenir haut la main. On a vu ce que ça a donné. On aurait encore pu attirer deux joueurs expérimentés. Mais ce n’est pas forcément ce qui marche le mieux. »

 

Le SAHB va donc donner les clés à des jeunes plein de talents, mais dont le manque de vécu à ce niveau pourrait se révéler contre-productif. D’autant que l’espoir le plus coté, Julien Meyer, a quitté le nid prématurément. « On avait les arguments sportifs pour le convaincre de rester en lui offrant la place de gardien numéro 1. Il a fait son choix. Je ne retiens personne contre sa volonté » , commente Laurent Hild.

 

À la place du gamin 100 % made in Sélestat, le SAHB a misé sur un jeune gardien batave, Bart Ravensbergen. « Il nous a séduits par son profil, mais aussi son état d’esprit et son style. Faire progresser un joueur de ce type est enthousiasmant » , souligne le nouveau président. Ce gardien venu d’une ligue sans grandes références illustre le pari sélestadien. Le risque est assumé. « Notre ambition, c’est de jouer au plus haut niveau possible ... Suite de l'article L'Alsace

 

Photo Manu Pulicano