> Sélestat – Nîmes, aujourd’hui (20h)

Rédigé le 12/10/2016.

 

La première convocation de Yanis Lenne en équipe de France A, vendredi dernier, avait un peu “éclipsé” une autre bonne nouvelle pour Sélestat.

 

Le même jour, Thibaud Valentin, 20 ans lui aussi, était appelé chez les juniors (U21). Le jeune demi-centre voyait là ses efforts récompensés, après avoir dû lutter contre les préjugés pour forcer son destin. On y reviendra.

 

« Je n’ai pas baissé les bras. J’ai pris un autre chemin »

 

C’est donc avec une « grande fierté » qu’il a accueilli sa convocation pour le Tournoi international des 4 Nations, à la fin du mois au Danemark.

 

« C’est Christian (Omeyer, le directeur général du club) qui me l’a appris à l’entraînement. Il m’a félicité et je ne savais pas pourquoi, je n’avais pas vu le mail de la Fédération, sourit-il. J’étais surpris et content. »

 

Avec les U21, Thibaud Valentin va retrouver Julien Meyer, son ancien coéquipier à Sélestat aujourd’hui à Chambéry. Il va surtout découvrir un autre monde. « C’est la première fois que je suis appelé en équipe de France, souffle-t-il. Ça sera tout nouveau et surtout une belle expérience à vivre. »

 

Ce premier rendez-vous bleu, le demi-centre l’abordera comme il l’a toujours fait. Sans complexe, « avec l’envie de tout donner et de prendre du plaisir ».

 

Comme depuis l’âge de sept ans et son premier contact avec la petite balle ronde. « J’étais allé voir un match à Hagondange (il est originaire d’Ay-sur-Moselle). Je ne connaissais pas le handball. Ça m’a plu. »

 

Il débute donc à Hagondange, brille ensuite à Metz, mais sans jamais affoler les radars fédéraux. La “faute” à sa taille (1,77 m), jugée un peu trop hâtivement inadaptée pour le haut niveau.

 

Ado, il voit ainsi les portes du Pôle Espoirs de Lorraine se refermer devant lui. Avec toujours la même rengaine en guise d’explication : trop petit…

 

Cela ne l’empêche pas de s’affirmer en N2 sous le maillot messin, inscrivant, à tout juste 17 ans, 17 buts dans le même match un soir d’octobre 2013.

 

Durant l’été 2014, il tente sa chance pour intégrer le centre de formation de Nîmes. Recalé. Mais une fois encore, pas en raison de son talent.

 

Ces “échecs”, teintés d’une forme d’injustice, auraient pu le décourager. Ils l’ont au contraire forgé. « C’est peut-être même grâce à ça que j’y suis arrivé. Je n’ai jamais baissé les bras. J’ai juste pris un autre chemin, explique-t-il posément. Je n’ai aucun regret. C’est du passé. Et finalement, je n’ai pas à me plaindre. »

 

Suite de l'article DNA

 

Photo A. KIEFFER