> Tiago Pereira : "J’ai un réel plaisir à jouer ici"

Rédigé le 18/10/2017.

Tiago Pereira a choisi de quitter le Portugal pour découvrir de nouveaux horizons sous le maillot de Sélestat, avec qui il va disputer un match très important ce soir à Créteil.

« À Lisbonne, j’avais une vie magnifique. Il ne me manquait rien. Je jouais dans un club illustre au Benfica et vivais dans un endroit merveilleux avec ma compagne qui est avocate. »

Le quotidien de Tiago Pereira ressemblait presque à une vie rêvée pour le commun des mortels. Il a donc forcément fallu une motivation supérieure à cet homme épanoui pour chambouler l’ordinaire et tout remettre en question.

C’est dans le sport qu’il pratique depuis plus de 20 ans qu’il l’a trouvée. Pour voir s’il pouvait manier le ballon aussi bien ailleurs qu’au Portugal, dont il a porté le maillot de l’équipe nationale à une cinquantaine de reprises.

« J’avais vraiment besoin d’essayer autre chose, explique celui qui a posé ses valises à Sélestat pour deux saisons. Je voulais gagner de l’expérience, devenir un meilleur joueur et découvrir une compétition d’un niveau supérieur au championnat portugais. »

Pour cela, il n’a pas hésité à quitter le cocon lisboète pour s’aventurer vers l’inconnu. Le handball de son pays, Tiago Pereira, à l’approche de ses 28 ans qu’il a eus en juin dernier, en avait fait le tour.

Le palmarès n’est pas énorme : un titre national, à 17 ans, lors de sa première année avec Braga, deux Supercoupes et une Coupe du Portugal avec Benfica.

Dans le microcosme de son sport, sa réputation était fameuse. Mais elle ne dépassait pas les frontières d’un pays où le handball arrive très loin derrière le football et même le rinck hockey (du hockey en patins à roulettes) en termes de popularité.

Ce meneur de jeu, solide sur ses jambes et qui aime le jeu en percussion, a été en quelque sorte un privilégié pour se diriger vers le handball dès l’âge de 6 ans à Fermentoes, dans les faubourgs de Guimaraes.

Ou plutôt, il n’a pas trop eu le choix. « Mon père était le directeur de ce petit club. J’étais obligé », s’amuse-t-il. Il y est resté jusqu’à ses 17 ans. Avant de rejoindre le grand club voisin de Braga.

Et puis à 23 ans, il prend la direction de la capitale. Ou le Benfica Lisbonne lui confie la direction du grand club omnisports. « Les supporteurs aiment beaucoup Benfica. Mais ils ne s’intéressent qu’au foot. »

Au fil des saisons, Tiago Pereira s’est fait un nom dans le milieu du hand portugais. « Mais pour le reste de l’Europe, je suis un inconnu. Notre équipe nationale n’a participé récemment à aucun championnat du monde ou d’Europe. Et pour les coupes d’Europe, les places sont restreintes. »

Comme près d’une dizaine de compatriotes, il a profité d’un soudain intérêt des clubs français à l’encontre des meilleurs joueurs portugais pour faire le grand saut.

Comme son homonyme, ex-coéquipier et grand ami, Nuno Pereira qu’il retrouvera ce soir à Créteil, Tiago Pereira a donc quitté le confort d’un chemin bien tracé pour se mettre en danger dans un pays et un championnat qu’il découvre. Et qui lui plaisent.

« J’ai un réel plaisir à jouer ici. L’ambiance des matches est incroyable. Car à Benfica, les gens vont au match comme s’ils allaient au cinéma. Et le niveau du championnat est encore plus fort que je ne me l’étais représenté en regardant les vidéos des matches de Sélestat. »

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Crédit Photo : Cyril GIFE