> De plus en plus solides

Rédigé le 26/03/2018.

Malgré un moment de flottement qui a permis à Besançon de revenir à leur hauteur alors qu’ils avaient pris 8 longueurs d’avance, les Sélestadiens n’ont pas flanché, prouvant au lendemain d’un nul à Dijon (2e ), que l’équipe gagne en maturité au fil des journées.

S’incliner à Besançon aurait été une faute de goût. Pourtant la lanterne rouge de la Proligue n’avait jamais perdu contre Sélestat au cours de leurs récentes confrontations officielles (les années où le SAHB descend de l’élite).

Il fallait y mettre un terme. Non seulement pour faire plaisir à l’entraîneur qui lançait pour la première fois une équipe à l’assaut d’un club où il a passé trente ans de sa vie. Même si Christophe Viennet a toujours écarté toute revanche personnelle. Mais surtout pour arrêter de perdre des points contre des équipes du bas de tableau et réaliser, au passage, l’une des bonnes affaires de la soirée.

Cette 20e journée aurait pu être excellente si Pontault-Combault n’avait pas réussi la performance de stopper la course du leader istréen dans sa marche triomphale vers la montée directe en Starligue. Le nul entre le premier et la quatrième, empêche les Alsaciens de déloger les Franciliens de la quatrième place, promise en cas de défaite des visiteurs.

Mais quand on se rappelle que le SAHB était encore à cinq longueurs de ce classement, il y a à peine trois journées, on constate bien que l’ordinaire s’améliore dans les rangs alsaciens à six journées de la fin de la saison régulière. « Il faut continuer de travailler car on a encore beaucoup de choses à améliorer , souligne le demi-centre portugais Tiago Pereira. Mais c’est clair qu’on avance. On progresse et c’est logique car notre équipe a beaucoup de qualités même si elle est encore jeune dans le sens où elle ne joue ensemble que depuis le début de la saison. »

À Besançon, ces progrès on peut les mesurer à la façon dont les Violets ont réagi dans la tourmente. Car l’heure de jeu n’a pas été uniforme. Entre un départ canon (3-11, 17e ) et un dernier quart d’heure presque aussi bien négocié (6-12 entre la 45e et la 60e minute), il a eu quinze minutes de flottement durant lesquelles, les Bisontins ont remonté un handicap de -8 pour égaliser à 19 partout à vingt minutes de la fin. « Notre début de deuxième mi-temps a été problématique contrairement à la première où, malgré l’une ou l’autre bêtise, on était bien en défense comme en attaque , estime Pereira. Mais Besançon jouait presque sa dernière carte pour éviter de descendre. Ils ont mis tout ce qu’ils avaient pour nous remonter ».

Quand les Francs-Comtois ont égalisé, on a bien cru que l’équilibre des forces était en train de tourner. Alors que les Violets avaient sombré dans de pareilles circonstances à Nancy en février devant un adversaire soudain euphorique, ils ont su redresser la barre. En remettant un coup d’accélérateur, fatal, cette fois aux Bisontins. « On ne s’est pas affolé. On est resté ensemble , relève encore l’homme-orchestre des Violets. C’est pour ça que, dans les 15 dernières minutes, on a réussi à marquer plus de buts qu’eux. Notre expérience et nos qualités ont joué dans ces moments clés ».

Auteur d’une prestation abouti, Tiago Pereira a accéléré le jeu, percuté une défense bien plus permissive que celle de Dijon, transformé trois penaltys et distillé de belles passes à ses coéquipiers. Et notamment vers Arthur Anquetil qui a fait tourner en bourrique défenseurs et gardiens bisontins par son culot, sa vista et sa gamme de tirs. « Arthur a fait un gros match. Quand il joue comme ça, il faut lui donner le ballon parce qu’il a une confiance énorme , apprécie l’ancien du Benfica. On sait qu’il va marquer parce qu’il a d’énormes qualités et une variété de tirs incroyables. Il est magnifique.  »

Les deux déplacements en Bourgogne ont conforté Sélestat dans sa position de « playoffable ». Il reste désormais six journées pour arriver à ses fins. Rien n’est assuré mais s’il continue ainsi, le SAHB poursuivra sa saison au-delà du 11 mai, date de la dernière journée.

Article L'ALSACE / DNA -- Christian WEIBEL

Photo T BABINOT