> Retour de flamme

Rédigé le 03/04/2018.

Après plusieurs prestations très ternes durant le mois de février, Arthur Anquetil a retrouvé de sa superbe. Et l’ailier gauche violet est redevenu un maillon (très) fort d’une équipe de Sélestat lancée vers les play-offs de Proligue.

Arthur Anquetil sourit à nouveau. La « banane », l’ailier gauche sélestadien l’avait un peu perdue au cours d’un mois de février qu’il a traversé comme une ombre. Il l’avait pourtant commencé par une prestation haut de gamme contre Istres (11 buts, son record cette saison), mais Sélestat s’était incliné.

Une semaine plus tard, à Nancy, le joueur formé à Montpellier s’était blessé au dos (0/1 au tir), avant d’enchaîner avec deux sorties loin de ses standards habituels face à Nice (1/4) et Caen (1/2). Aux douleurs dorsales s’étaient greffés quelques soucis d’ordre personnel qui ont pu affecter ses performances. Arthur Anquetil a ainsi pu se poser des questions sur son avenir, lui qui n’est «que» prêté par Montpellier (son nom revient avec insistance du côté de Chambéry pour la saison prochaine).

Mais n’allez pas croire que l’ailier gauche a la tête ailleurs, qu’il n’est pas focalisé sur son aventure alsacienne. Sa mauvaise passe l’a, au contraire, profondément contrarié. « Je me prenais la tête, j’étais irrité, irritable. »

Car il avait le désagréable sentiment de ne pas aider ses coéquipiers. « C’était vraiment difficile. Dans ces cas-là, tu ne trouves pas ton bonheur, tu as l’impression de ne pas être utile, de desservir l’équipe. Quand tu faisais le compte des actions positives et négatives, le ratio n’était pas bon. »

Ce qui est valable pour les autres l’est aussi pour Arthur Anquetil : on ne peut pas être au top sur toute la durée d’une saison. S’il est venu en Alsace, c’est pour trouver le temps de jeu et les responsabilités qui lui manquaient à Montpellier, mais aussi « pour apprendre à gérer ces moments-là ».

Pour l’ailier gauche, l’éclipse a duré trois matches. « C’était la limite… Là, j’essaie de me rattraper. » Contre Pontault-Combault (5/6) et Dijon (2/3), il avait amorcé son retour en forme, superbement concrétisé face à Besançon (9/11) et Billère vendredi (10/12).

Arthur Anquetil est redevenu lui-même, cet ailier virevoltant et efficace, dont les arabesques font oublier ses quelques oublis défensifs. « C’est reparti, j’ai retrouvé mon niveau de novembre » , celui qui lui avait permis d’être élu meilleur joueur du mois, après des prestations étincelantes (32 buts en quatre matches).

Sélestat ne s’en plaint pas, surtout à l’approche des play-offs, pour lesquels les Violets ont quasiment validé leur billet. « Il faut vraiment faire attention tant que ce n’est pas fait mathématiquement » , tempère Arthur Anquetil. L’ailier violet a appris à connaître la D2, qui réserve son lot de surprises lors de chaque journée.

Il n’empêche, on ne voit pas ce qui pourrait empêcher les joueurs de Christophe Viennet d’y être. Billère, en totale déconfiture depuis le début de la phase retour, n’a jamais été en mesure de les inquiéter vendredi. L’addition finale (26-19) aurait même pu être plus salée pour les Béarnais.

« On n’a jamais eu peur d’un retour, on a pu faire tourner, tester de nouvelles associations qui pourront peut-être nous apporter plus tard. C’était la bonne occasion pour le faire. »

Arthur Anquetil n’a désormais qu’un souhait : que cette belle dynamique, individuelle et collective, se prolonge le plus longtemps possible.

Article L'ALSACE / DNA Simon Giovannini

Photo Georges CANTARUTTI