> SELESTAT - CRETEIL 31-31

Rédigé le 21/04/2018.

Il y a plusieurs matches nuls, cette saison au CSI, qui ont fait grincer des dents. Et il y a ce nouveau score nul d’hier soir qui a fait se soulever les spectateurs de la salle surchauffée de Sélestat. Un résultat qui empêche Créteil de recoller au classement de la D2 à trois journées de la fin. Plus grand monde ne croyait au miracle quand, à 1’23 de la sirène, le talentueux et longiligne Gibelin donnait trois buts d’avance aux visiteurs (28-31). Il suffisait aux Cristoliens de bien gérer les 83 dernières secondes pour finir par mettre la tête sous l’eau à leur principal rival pour la 5e et dernière place qualificative pour les play-offs.

Mais les Sélestadiens ne se sont jamais avoués battus. Avec l’énergie du désespoir, ils ont continué d’entretenir la minuscule flamme de l’espoir. Et bien leur en a pris. Leur montée de balle suivante se conclut par un jet de sept mètres que Savic se charge de mettre au fond en trompant Robin (29-31). Il reste alors un peu plus d’une minute à jouer. Trop peu pour que Créteil lâche cette précieuse victoire qui lui permettrait de revenir à une longueur de son adversaire au classement. Avec des joueurs expérimentés comme l’ancien Sélestadien Tej, les banlieusards ne vont pas laisser filer l’affaire.

En se précipitant, Jensterle perd pourtant la balle et redonne la possession à Sélestat. Le contre joué à la vitesse de l’éclair atterrit dans les mains de Savic qui trompe encore Robin pourtant en chaleur (au propre comme au figuré) avec ses 18 arrêts. Le score est alors de 30-31 avec une quarantaine de secondes à jouer. Le temps mort posé par Christophe Mazel, le coach visiteur, va permettre de calmer les esprits et d’élaborer l’attaque gagnante.

Mais Damatrin-Bertrand, l’ailier cristolien aux airs d’Isaiah Thomas, le petit lutin de la NBA, s’enfonce peut-être un peu trop vite, peut-être un peu trop fort dans la défense des Violets. Les arbitres le sanctionnent d’un passage en force et rendent la balle à Sélestat. C’est du délire dans la salle. Plus personne n’est assis. La tension est à son comble lorsqu’à sept secondes de la fin, c’est un nouveau penalty qui est sifflé pour le SAHB. Celui de la dernière chance. Mais encore faut-il mettre la balle au fond de la cage de Mickaël Robin qui a déjà sorti deux penalties précédemment dans ce match. Dans un silence de cathédrale, Savic se concentre, arme son tir, feinte son vis-à-vis pour glisser le cuir hors de portée du gardien alsacien d’en face.

C’est du délire dans la salle. En marquant les trois derniers buts des Violets en l’espace d’une minute, l’arrière bosnien est devenu le héros de la soirée. Les Cristoliens auront beau râler sur les dernières décisions du duo arbitral. Ils devront se contenter du nul et ruminer les dernières secondes d’un match où ils ont compté jusqu’à quatre buts d’avance (23-27, 53e ).

« On revient de nulle part, à l’énergie , souffle Christophe Viennet. On savait que Mickaël Robin est un très bon gardien et qu’il allait faire des arrêts. Mais on a manqué de maîtrise au tir, et les rotations n’ont pas été performantes. Il faut se satisfaire de ce résultat. On a encore trois points d’avance. C’est positif. Et on va tout faire pour les garder. »

Le coach sélestadien regrettait les erreurs commises par ses joueurs quand ils avaient fait la différence en se reposant sur la vingtaine d’arrêts de Valentin Kieffer. « On n’a pas su tuer le match quand il le fallait, quand on mène de quatre buts et qu’on se retrouve à six contre quatre. On a aidé Créteil à ressortir la tête de l’eau. » Mais Savic a dessiné l’incroyable scénario de la soirée.

Article DNA / L'ALSACE C. WEIBEL

Photo : Photohand T. BABINOT