> Y Herbulot : « Retrouver le terrain va être libérateur »

Rédigé le 11/05/2018.

Avant d’attaquer les play-offs, Sélestat en termine avec la saison régulière ce soir (20h30 au CSI) contre Cherbourg. Yohan Herbulot, son arrière gauche, va commencer la sienne.

Cette dernière journée de championnat n’est pas spécialement riche en enjeux. Pour Sélestat, il s’agit surtout de préparer au mieux les demi-finales des play-offs, la semaine prochaine contre Chartres. Du côté de Cherbourg, on aborde cette 26e levée sans pression, le maintien en D2 étant acté.

Mais Yohan Herbulot, lui, attend avec « impatience » ce rendez-vous. Car le grand arrière gauche (2,07 m) entrevoit enfin « le bout du tunnel ». Le joueur formé à Saint-Raphaël n’a pas été épargné par la malchance ces derniers mois. Après une première rupture des ligaments croisés du genou droit fin octobre 2016, c’est le gauche qui a lâché début septembre, alors qu’il venait de réaliser une “prépa” pleine de promesses avec Sélestat.

La recrue violette (24 ans) a laissé le championnat partir sans lui, avec l’espoir d’être de retour pour son épilogue. Il y a eu des moments difficiles, inévitablement. Mais le soutien de ses coéquipiers, « qui m’ont poussé pendant ces mois de galère » , et sa volonté de rester impliqué l’ont aidé à traverser cette nouvelle épreuve. « Je ne voulais pas que ma blessure m’éloigne du groupe, c’est ce dont j’avais le plus peur, raconte Yohan Herbulot. Je voulais faire partie intégrante de l’équipe, ne pas être le mec blessé qui s’entraîne tout seul de son côté. »

L’ancien de Massy a souvent accompagné ses coéquipiers en déplacement, toujours pris place dans les tribunes du CSI pour les encourager. « C’était parfois frustrant, notamment quand je voyais que l’équipe avait besoin d’un shooteur de loin. »

Aujourd’hui, Yohan Herbulot savoure simplement le fait de pouvoir enfin rejouer -  « Retrouver le terrain va être libérateur »  - et de disputer son tout premier match officiel au CSI. « J’ai envie de communier avec mes coéquipiers et les supporters. Quand tu vois l’ambiance et la ferveur dans cette salle, tu n’as qu’une envie, c’est de donner du plaisir aux gens. »

L’arrière gauche violet le sait, il lui faudra du temps pour redevenir le joueur qu’il était avant ses blessures. « Je suis très content de reprendre, mais aussi un peu frustré car je ne suis pas encore à mon niveau. Il me reste beaucoup de boulot et notamment quelques barrières mentales à passer. »

Il ne faut donc pas s’attendre à le voir “tout casser”. Le Sélestadien doit recouvrer pleinement ses moyens physiques et sa confiance, dépasser les dernières appréhensions, mais aussi créer des automatismes avec ses coéquipiers. « C’est impossible d’arriver et de mettre dix buts par match. Bon, si je suis en état de grâce pendant les play-offs, je prends ! » , rigole-t-il.

Contre Cherbourg, ce soir, puis Chartres la semaine prochaine en demi-finale des play-offs, son seul objectif sera de « donner un coup de main à l’équipe ». Ce sera peut-être seulement cinq minutes pour faire souffler Rudy Seri ou Jeroen De Beule sur le poste d’arrière gauche, peut-être davantage.

Sélestat aura de toute façon besoin de tout le monde pour réaliser une performance inédite. Le 5e de la saison régulière n’a encore jamais gagné les play-offs ? Et alors ? « On a toutes nos chances , explique celui qui connaît cette compétition particulière pour y avoir pris part avec Massy. On ne va pas se priver si on peut faire un coup d’éclat et monter en D1. »

 

Article L'ALSACE / DNA Simon GIOVANNINI

Photo officielle :  Manu Pulicano