> Rudy Seri veut revoir le CSI

Rédigé le 17/05/2018.

Rudy Seri ne sera plus sélestadien la saison prochaine. Auteur d’une prestation XXL mardi contre Chartres en demi-finale aller des play-offs de D2 (36-28), l’arrière gauche entend prolonger d’une semaine son aventure violette.

Depuis son arrivée à Sélestat en 2012, à tout juste 18 ans, Rudy Seri a vécu de belles émotions. Comment oublier cette montée en D1, en 2016, déjà lors des play-offs ? « C’était assez grand » , sourit-il.

Mais ce 15 mai 2018 restera définitivement un moment à part. Parce que l’arrière gauche a livré la plus belle prestation de sa jeune carrière pro (9 sur 10 au tir). « C’est mon meilleur match depuis je suis à Sélestat » , confirme-t-il.

Rudy Seri l’a en prime réalisé au meilleur des moments, lors d’un rendez-vous décisif pour son club. « J’avais déjà fait de gros matches en D1, mais qui s’étaient soldés par des défaites. » La saveur ne pouvait évidemment pas être la même.

Mardi, lors de la demi-finale aller des play-offs d’accession en D1, l’arrière gauche violet a été comme touché par la grâce. Lui qui n’avait jamais dépassé les cinq buts lors de la saison régulière a mystifié à neuf reprises Nebojsa Grahovac et Ricardo Candeias, les gardiens chartrains. « Il y a des soirs comme ça… Ça n’arrive pas souvent. »

Ses trois buts lors des cinq premières minutes avaient donné le ton de sa soirée. Rudy Seri s’est alors efforcé de ne pas se laisser griser. « J’étais juste concentré sur le match. Je ne me suis pas posé de question. Quand j’ai eu des shoots ouverts, je les ai pris. J’étais en réussite et je me suis dit qu’il fallait que je continue à aider l’équipe. »

Sa performance ne se résume d’ailleurs pas qu’à son apport offensif. L’arrière gauche s’est aussi illustré en défense. « J’ai pu apporter des deux côtés du terrain, je suis vraiment très, très heureux de ce match. »

Mais sa joie est surtout collective. « Tout le monde a été bon, estime-t-il, sans vouloir se mettre trop en avant. On gagne, avec un écart important. » Le scénario idéal, en somme.

La saison prochaine, Rudy Seri ne sera plus sélestadien. En fin de contrat, le champion du monde juniors va prendre un autre chemin. Et il a peut-être trouvé dans ce départ prochain un petit supplément d’âme pour briller une dernière fois de mille feux dans un environnement familier. « Je n’ai pas vraiment pensé au fait que ça pouvait être mon dernier match ici, assure-t-il. Je suis vraiment concentré sur ces play-offs. » Mais il est évident qu’il avait envie de « revenir au CSI » , mardi prochain pour la finale aller.

« Sélestat m’a énormément apporté, m’a permis de jouer en D1. Je veux vraiment terminer sur une bonne note. Si je peux permettre au club de revenir dans l’élite, je serai vraiment très content. »

Mais avant une éventuelle montée en D1, avant une éventuelle finale de play-offs, il y a ce match retour à disputer, demain (20 h). L’avantage violet est conséquent (8 buts), mais il ne garantit pas la qualification. Rudy Seri en est bien conscient. « Ça va être l’enfer là-bas ».

Mais l’arrière gauche et ses coéquipiers n’ont pas peur. Loin de là. Car la pression est encore davantage sur Chartres, au bord du gouffre malgré ses ambitions et ses moyens élevés (3,1 millions d’euros de budget, 1,3 million pour Sélestat). Et la confiance est encore renforcée dans les rangs violets.

« C’est une équipe qui aura du mal à nous surprendre, avance ainsi le numéro 51, qui espère connaître la même réussite, individuelle et collective. Il ne faudra pas essayer de gérer le résultat, mais continuer à jouer comme on sait le faire. On est capables de gagner là-bas. »

Surtout avec un Rudy Seri à ce niveau-là.

Article DNA / L'ALSACE Simon GIOVANNINI

Photo LUCA JORDHERY / HAND DAY