> Ils ont résisté !

Rédigé le 19/05/2018.

Sélestat a été chahuté, Sélestat a vacillé, mais Sélestat s’est qualifié pour la finale des play-offs d’accession en Lidl Starligue, contre Pontault-Combault, après une résistance héroïque, hier à Chartres (29-24).

On leur promettait l’enfer, ils y ont mis un pied. Mais ils en sont ressortis, pour continuer à emprunter le chemin du paradis. « Dans les cinq dernières minutes, c’était irrespirable » , souffle Arthur Anquetil, l’ailier gauche sélestadien.

Ça l’était en effet, et tous les supporters violets, dans la salle ou devant leur télé, ont tremblé quand Chartres, grâce à S. Kieffer, avait repris sept buts d’avance (29-22, 58e ). Il n’en manquait plus qu’un pour effacer le débours du match aller (36-28) et mettre un pied en finale.

Sélestat venait de gâcher plusieurs opportunités d’éteindre le chaudron chartrain. Mais Ravensbergen a réalisé l’arrêt décisif face au même Kieffer. Et quand Savic a inscrit le 23e but alsacien, à cinquante secondes de la fin (29-24 au final), il ne pouvait plus rien arriver aux joueurs de Christophe Viennet. Si ce n’est de pousser un énorme ouf de soulagement et de laisser éclater leur joie.

Les Violets le savaient, le contexte serait hostile. Très hostile. Il n’a même pas fallu attendre le début de la rencontre pour le mesurer. Yoann Eudaric et ses coéquipiers entraient ainsi sur le parquet sous les huées du public chartrain.

Mais il en faut (bien) plus pour les déstabiliser. Et si Chartres, contraint à une folle remontada, frappait le premier (1-0 à la… 5e ), Sélestat était décidé à ne céder aucun pouce de terrain (2-2 à la 7e , 5-5 à la 17e ).

Seuls Seri et Savic alimentaient le compteur alsacien (7-6, 20e ) et l’édifice sélestadien commençait à doucement se fragiliser (9-6, 22e ). Les joueurs de Christophe Viennet ne s’affolaient cependant pas, et réduisaient l’écart grâce à Cauwenberghs et Nyembo (10-8 à la 24e , 13-10 à la pause).

Il restait trente minutes. Autrement dit une éternité. Car Magalhaes avait le bras chaud, permettant à Chartres de s’accrocher à un fol espoir (16-12, 34e ). Il était encore plus fou quand Anquetil ramenait les siens à deux longueurs (18-16, 40e ). Il devenait franchement raisonnable quand les Alsaciens commençaient à perdre des ballons bêtement.

Chartres prenait pour la première fois six buts d’avance (23-17, 46e ), puis sept (24-17, 47e ). Cauwenberghs et Seri permettaient de ramener un peu d’air dans le camp violet (24-19, 29e ). Mais Sélestat se précipitait à nouveau, égarait des ballons qui lui revenaient comme un boomerang en pleine figure (26-20, 53e ).

Une balle pour revenir à quatre buts était, là aussi, gaspillée et Chartres revenait dans le coup (27-21 à la 57e , 28-21 à la 57e ). Mais les Sélestadiens ont tenu le choc, grâce à quelques parades de Ravensbergen. Et à un courage incroyable.

« On a eu peur, parce que la salle était bouillante, parce que notre avance régressait , avoue Arthur Anquetil. Il nous a manqué un peu d’énergie. Et à la fin, ça s’est joué au mental. »

Les Violets pouvaient laisser le public chartrain à ses sifflets. Et clamer leur ambition. « Et si on allait au bout ? » , hurlait l’ailier droit Thomas Cauwenberghs au milieu de la belle farandole sélestadienne. « Et si on allait au bout ? , souriait en écho Arthur Anquetil. Personne ne nous attendait là, et maintenant on en profite. » La semaine prochaine en finale contre Pontault-Combault, tous les espoirs sont permis. Et c’est beau.

Article DNA / L'ALSACE Simon GIOVANNINI

Photo : LNH / PROLIGUE