> Une fierté retrouvée

Rédigé le 21/05/2018.

Un an seulement après l’avoir quittée, Sélestat est en position de retrouver la Lidl Starligue. Contre Pontault-Combault, en finale des play-offs de Proligue, les Violets peuvent solder un passé récent douloureux.

Et s’il avait raison, s’il avait vu juste avant tout le monde ? « Je sentais que le plus dur, pour nous, serait de se qualifier pour les play-offs » , souffle Christophe Viennet, le coach violet.

Sélestat a longtemps bataillé pour s’y faire une place, a parfois tangué, avant de s’asseoir, sur le fil, sur le 5e et dernier strapontin. Et l’on pouvait penser, surtout face à Chartres, le favori annoncé, que sa saison ne s’étirerait pas en longueur, trouver assez floue la perspective d’un retour immédiat en D1.

Mais en play-offs, les CV ronflants, les budgets rutilants, sont loin d’être une assurance tous risques. Il faut aller chercher plus loin l’étincelle, afficher des « valeurs essentielles » que sont le cœur, la cohésion, la résilience.

C’est la magie des play-offs, n’en déplaise à certains. Chartres a battu Sélestat trois fois cette saison en quatre confrontations. Deux fois en championnat, une fois en play-offs. C’est un fait incontestable. Mais qui peut, sérieusement, contester la qualification alsacienne ?

« En play-offs, il faut être présent à l’instant T , lance Christophe Viennet. Sur deux matches en aller-retour, je crois que c’est toujours le meilleur qui gagne. »

Sélestat a été meilleur parce qu’il a « mieux appréhendé l’événement » , surtout lors de la demi-finale aller. Lors de la deuxième manche, Kosta Savic et ses coéquipiers sont pourtant passés par toutes les émotions. Il y a longtemps eu de la crispation, mais elle se doublait d’une relative sérénité, puisque le score était toujours en leur faveur. Même si Chartres avait fini par creuser un écart à la pause (13-10).

Une vive inquiétude s’est fait jour quand le retard a grimpé à sept unités (24-17, 47e ). Et c’est une peur bleue qui a pu envahir les Violets quand Chartres a eu la balle du +8, celle qui aurait pu tout gâcher (29-22, 58e ).

Mais la défense, autour d’un grand Ognjen Djeric, a tenu bon. Bart Ravensbergen s’est montré décisif en détournant le tir de Sylvain Kieffer. « Ç’a tenu à un fil. Nous avons été crispés tout le match, mais nous avons très bien géré les deux dernières minutes, c’est paradoxal » , s’étonnerait presque Christophe Viennet. C’est en effet surprenant pour un groupe si jeune et inexpérimenté. Mais cette équipe-là, « attachante et agaçante », car souvent irrégulière, n’en finit plus de surprendre. En tout cas son environnement. Plus que jamais, Christophe Viennet, lui, a la confirmation d’une impression née le 25 juillet, dès sa prise de fonction. La saison en D1 avait laissé des traces profondes. Les recrues avaient pour la plupart connu des déboires avant de rallier l’Alsace. « Il faut bien mesurer d’où ce groupe partait. L’assemblage pouvait paraître bancal, mais j’ai toujours vu du potentiel. Je crois en mon équipe, je suis fier d’elle. »

Chaque jour qui passe, le Bisontin sait pourquoi il a choisi Sélestat. « Le projet et les ambitions m’intéressaient. » Avec ses joueurs, il s’est employé à restaurer un capital sympathie et une image quelque peu écornés. « Notre plus belle victoire, c’est d’avoir réussi à redonner le sourire et l’espoir à toute une ville, à un club vraiment ancré dans son territoire. »

L’espoir, c’est cette finale contre Pontault-Combault. Si Sélestat a longtemps avancé “masqué”, ce n’est évidemment plus possible aujourd’hui. « Pas un joueur ne se satisfait d’être là. Je sais jouer le maintien en D2 (Ndlr : cela a été son quotidien avec Besançon pendant sept saisons). Je suis venu à Sélestat pour jouer le maintien en D1 » , sourit Christophe Viennet. Dans 120 minutes, ce beau projet sera peut-être devenu réalité.

Play-offs de Proligue DEMI-FINALES Dijon - Pont.-Combault 26-26 (25-25) Chartres - Sélestat 29-24 (28-36) FINALE Aller Sélestat - Pont-Combault ma. 20.00 Retour Pont.-Combault - Sélestat ve. 20.45 NB :le vainqueur de la finale monte en D1 et accompagne Istres, 1er de la saison régulière et champion de France de D2.

Article DNA / Journal L'ALSACE