> Le calme avant la tempête

Rédigé le 24/05/2018.

Après avoir été contraints au match nul mardi à domicile par Pontault-Combault, les Sélestadiens vont devoir l’emporter demain (20 h 45) en région parisienne pour obtenir le dernier billet pour la Lidl Starligue. Un pari qu’Arthur Anquetil et ses coéquipiers sont prêts à relever.

Hier, au lendemain du premier match de l’indécise finale des play-offs de cette Proligue à la hiérarchie si fluctuante, c’était l’heure du repos des guerriers. Et notamment pour l’un des principaux protagonistes de ce premier acte : Arthur Anquetil.

L’ailier virevoltant des Violets s’est accordé une journée off. Histoire de bien recharger les accus. D’évacuer la fatigue d’un exigeant premier combat qui en annonce un autre, peut-être encore plus rude.

« Ça va être fabuleux, mais ce sera l’enfer en même temps. » Jamais avare d’une bonne formule, ce digne héritier d’une formidable dynastie de magiciens de la balle pégueuse se réjouit de ce qui l’attend, demain (20 h 45), dans la petite salle de l’Espace Boisramé, à la contenance réduite (1300 places). « C’était déjà l’enfer, là-bas, pour le match de saison régulière. J’imagine ce que ça va être encore plus chaud. »

Les Sélestadiens évolueront en terre hostile. Ils devront réaliser un exploit dans une salle pas imprenable (8 victoires, 2 nuls dont celui du SAHB, 3 défaites) en saison régulière.

Le défi est de taille. Mais il reste jouable. À condition d’être à la hauteur de l’événement. De se sublimer. De résister à la pression du terrain et des tribunes. De réduire au maximum les passages à vide.

« C’est l’équivalent d’un match 7 d’une finale NBA , glisse ce fervent amateur de basket US. C’est dans ce genre de match qu’on voit vraiment les grands joueurs. Ceux qui ont un petit plus. Il ne faudra pas avoir peur et mettre tout en œuvre pour s’imposer là-bas. »

Oui, ce duel sans concession, Sélestat devra l’emporter. Car si le match nul de l’aller mardi soir (31-31) ne compromet en rien les chances alsaciennes, tout autre résultat lui fermerait les portes du paradis. À moins d’un nouveau match nul, une hypothèse qui n’est pas à écarter entre deux formations ultra proches l’une de l’autre.

Dans ce cas de figure, les attaquants sélestadiens devront marquer un but de plus à l’extérieur que les 31 inscrits par leur rival avant-hier au CSI. Ils l’ont fait à cinq reprises sur les 26 matches de la saison régulière, et la semaine dernière contre Chartres.

Même s’il aurait été préférable que le SAHB puisse emmener quelques biscuits pour la route, il partira à égalité au moment du coup d’envoi de la dernière heure de la saison. Ce n’est peut-être pas plus mal à en croire Arthur Anquetil. « On n’est pas une équipe qui sait gérer. On manque d’expérience pour cela, mais on a la fougue. On va jouer, comme on a l’habitude de faire, pour gagner un match. Gérer, ce n’est vraiment pas notre point fort. » Le pécule de huit buts emmené à Chartres en demi-finale a failli s’avérer insuffisant. Cette fois, il faudra réussir un numéro de haute voltige, mais sans filet.

Les Violets en sont capables, même s’ils ont du mal à le faire dans la continuité d’un match. Mardi, ils semblaient marcher sur Pontault, avant de subir un terrible retour de bâton. « On manque encore de bouteille , estime Anquetil. On a un gros temps fort qui s’arrête soudainement. Derrière, on se fait tout le temps des frayeurs. Ça s’apprend avec l’âge. On est quand même encore jeunes. »

En contrepartie, cette jeunesse a pour elle sa fougue qui lui permet aussi de revenir de nulle part. « Quand on s’est retrouvé à - 6, c’était compliqué. Car on ne pensait pas vivre une telle situation. On s’est regardé dans les yeux pour réenclencher la marche avant, avec l’aide du public qui nous a poussés. C’était bien, même si ça n’a pas suffi pour gagner chez nous. »

Demain, à l’exception d’une trentaine de supporters, les Sélestadiens n’auront pas ce soutien populaire. Ils devront y parvenir tout seul pour que cette saison se termine aussi favorablement que deux ans plus tôt.

Article DNA / Journal L'ALSACE C. WEIBEL

Photo : PhotoHand T Babinot