> Cette finale doit être notre moteur

Rédigé le 27/05/2018.

Déçu par la tournure des événements alors que Sélestat était en passe de retrouver la D1, Thomas Cauwenberghs, l’un des capitaines du SAHB, regrette la mauvaise gestion des dernières minutes par son équipe, mais aussi quelques décisions arbitrales lourdes de conséquences.

Quand l’épilogue de la saison bascule dans le mauvais sens à moins de 30 secondes de la fin du dernier match, que le château de cartes patiemment construit s’écroule en même temps que s’effondrent les rêves, les lendemains sont rudes. « Le retour a été compliqué. On a dû refaire le match au moins 50 fois dans le bus, » témoigne Thomas Cauwenberghs.

« Je suis frustré. On est tous frustrés , poursuit l’international belge. Mais dans quelques jours, après avoir digéré, on va pouvoir se dire qu’on a fait quelque chose de bien. »

Arrivé à Sélestat après une année relégué sur le banc d’Ivry, l’ailier gauche du SAHB a découvert une équipe et un club meurtris. « La saison dernière a laissé des traces. »

Il se félicite ainsi de l’évolution de ce groupe qui avait perdu les faveurs de son public et qu’il a fallu reconquérir. « Quand tu réveilles toute une ville, voire une région, tu as réussi ton job en tant que sportif. On peut vraiment être fier de ce qu’on a fait. »

Échouer si près du but, après avoir sorti Chartres, la tête de série de ces play-offs, avant de se faire barrer la route de la D1 par un adversaire contre lequel on n’a jamais perdu de la saison, est très dur à avaler. Thomas Cauwenberghs reste néanmoins convaincu de la possibilité de tirer des choses positives d’événements négatifs. « Cette finale doit être notre moteur, la base de notre prochaine saison. On l’a volée à personne et on a été battu sans l’être vraiment ».

L’ancien Mulhousien revoit la passe, côté opposé, délivrée par Anquetil. « Je me dis que je fais des play-offs quasi parfaits et je force un peu ce dernier tir que j’ai. Mais n’était-ce pas mon rôle de prendre mes responsabilités ? ». Hélas pour lui et pour Sélestat, cette balle de +4 sera la seule qu’il ne mettra pas au fond.

Et plus personne ne trompera le gardien pontellois durant cinq dernières minutes cauchemardesques alors qu’une issue heureuse tendait les bras au SAHB. « Dans le regard des joueurs de Pontault, j’ai vu que c’était compliqué, que leur base arrière était moins sereine. On était à +2, +3, et je me suis dit que la fin du match allait bien se dessiner. Malheureusement, il y a eu plusieurs décisions arbitrales qui ont beaucoup compté ».

Cette semaine, une lettre ouverte du gardien de l’équipe de France, Vincent Gérard, réclamant des officiels « professionnels comme les joueurs, pour être garants de l’intégrité et de l’éthique du jeu », avait suscité beaucoup d’approbation. Au regard des coups de sifflet de cette finale retour, le Sélestadien qui siège au comité directeur de l’association des joueurs professionnels de handball (AJPH) abonde dans le même sens.

« Je suis en colère contre un système qui n’est pas bien fait alors que le championnat est de plus en plus attractif, que les matches se jouent sur des détails, que la pression est chaque année plus forte. La main dans la figure de De Beule aurait valu deux minutes. C’est l’un des moments clés du match. D’autant que derrière, Nyembo subit cette sanction discutable. Et moi, je prends un carton rouge alors qu’il n’y a aucune mauvaise intention ».

Lucide, Thomas Cauwenberghs ne jette pas la pierre aux hommes en noir. « On aurait dû faire notre travail à la maison. Et à Pontault, la balle qu’on met en touche en fin de match, ce ne sont pas les arbitres qui la provoquent. Mais il faut une évolution à leur niveau. »

Le sujet mérite réflexions et débats dans un sport qui soumet beaucoup de décisions à l’appréciation des arbitres.

Sélestat a raté le coche, on ne peut plus rien y faire. Ceux qui, comme le co-capitaine belge, resteront en Alsace vont tenter de se servir de cette expérience. « On était tellement proche de remonter qu’on a envie de faire un truc la saison prochaine. » Rendez-vous est pris.

Article DNA / Journal L'ALSACE  Christian WEIBEL

Photo LNH Jean-Baptiste Autissier