> Beretta a les clés

Rédigé le 03/10/2011.

 

Le SAHB retourne à Tremblay, ce dimanche, en Coupe de la Ligue. Deux semaines après y avoir perdu en LNH, le club bas-rhinois et Kevin Beretta, son ailier gauche, tenteront de prendre leur revanche.

S’il est des parcours peu communs, de ceux qui interpellent, celui de Kevin Beretta en fait partie. À 21 ans, à l’âge où beaucoup ne font encore que découvrir, le droitier sélestadien a, en effet, déjà vécu.

Arrivé au SCS d’alors il y a quatre ans, à tout juste 17 ans, le talent éclos à l’AS Hoenheim apparaissait sous le statut espoir. Normal dans la mesure où le garçon, pensionnaire du sport-études de Strasbourg, évoluait en équipe de France jeunes.

Pédale douce, mais pas sevrage

Mais voilà. Des itinéraires que l’on prévoit bien tracés ne mènent pas toujours là où l’on croit. Au moins pas sans détours...

« Ma vie se résumait au handball, encore au handball, toujours au handball, confie le (re) néo-Sélestadien. Le ras-le-bol m’a rattrapé. Ce n’est pas que je n’aimais pas ça, mais j’y passais tout mon temps, trop de temps. J’en ai eu assez, j’ai vraiment pensé tout arrêter. »

Plutôt que définitivement raccrocher, Kevin Beretta s’est alors décidé à voir moins grand. Et à rejoindre un HBC Schiltigheim évoluant en Nationale 3. Pédale douce, mais pas sevrage, heureusement.

Et comme le parcours du garçon est décidément hors du commun, c’est par une blessure à l’épaule, qui le tiendra éloigné des terrains durant une saison, qu’il entama sa carrière schilikoise.

« Un mal pour un bien finalement. D’avoir été obligé de mettre une parenthèse à ma carrière sportive m’a redonné l’envie. »

En passant par Christian Carl et Thierry Demangeon, l’actuel adjoint de Jean-Luc Le Gall au SAHB, Kevin Beretta a ainsi remonté le temps. Repris, il y a un peu plus d’un an, le chemin du CSI et l’entraînement avec la réserve sélestadienne.

Moins de pression, plus d’appréhension
« Avec un peu de recul, j’estime avoir fait le bon choix » lâche celui qui, depuis la blessure de Michal Salami, est devenu le premier choix sur l’aile gauche du SAHB.

Auteur de deux sorties plus qu’intéressantes à Tremblay d’abord, face à Saint-Raphaël ensuite, Kevin Beretta mord à pleines dents dans sa seconde vie sélestadienne.

« La pression ? J’ai tendance à m’en mettre, confie-t-il. Mais j’en avais plus la saison dernière quand je faisais de petites incursions en équipe une. Aujourd’hui, c’est plus l’appréhension qui m’habite. Depuis la blessure de Michal (Salami), je suis seul sur mon poste. Avant, je rentrais pour faire souffler, à présent, c’est pour être performant. »

Que pense-t-il, alors, de son début de championnat ? En perfectionniste qu’il est, Kevin Beretta n’est pas plus satisfait que ça.

« Je fais deux sur quatre à Tremblay, trois sur cinq face à Saint-Raphaël. Il y a, sur ces deux coups-là, au moins un tir raté en trop… »

De retour aux affaires après avoir pris le temps de se ressourcer, le garçon ne veut plus perdre de temps. Il sait la chance qui lui est offerte d’évoluer au plus haut niveau. Il veut pleinement la saisir.

« Je veux mériter ma place et je sais que je dois travailler pour ça. Je dois m’améliorer à tous les niveaux, progresser dans la tête et les jambes. Devenir plus “vainqueur”, plus guerrier, m’améliorer au niveau du tir aussi. La LNH, c’est autre chose que la D2. Je m’attendais à plus rugueux. Je n’ai pas été déçu. Ce n’est pas forcément plus violent, mais ça fait plus mal… »

Abnégation, courage et volonté

Dans sa quête du maintien, le SAHB aura bien besoin de Kevin Beretta et de son désir de bien faire. Lui a envie de tout donner sachant que rien ne sera aisé.

« Sans Michal, tout devient plus délicat, termine-t-il. Il va nous falloir beaucoup d’abnégation, beaucoup de courage, énormément de volonté. Pour atteindre l’objectif que nous nous sommes fixé, le maintien, on va devoir se donner à 200 % sur chaque rencontre à notre portée. Ce ne sera pas simple, c’est sûr. Mais je sais tous les joueurs animés de cet état d’esprit-là… »

A.V. - DNA