> LE SAHB EN DEUIL

Rédigé le 20/10/2011.

 

Le Sélestat Alsace Handball est sous le choc.


Germain Spatz, l’ancien président sélestadien, s’est éteint, hier matin auprès des siens, à 76 ans, vaincu par la maladie. Parce que c’était lui, garçon courageux et opiniâtre, il a lutté jusqu’à l’épuisement, ne cédant qu’au bout de la souffrance.

 

C’est un homme d’une richesse rare que perd le handball alsacien, le handball tout court. Un sportif accompli et un militant de la première heure, joueur d’abord (il débuta par le basket à Westhouse, avant de jouer à l’ASPTT Strasbourg et au Racing), dirigeant hors norme ensuite.

 

Engagé sur tous les fronts (il fut président de la Ligue d’Alsace de 1996 à 2008), c’est à Sélestat, sa ville, qu’il œuvra en premier.

Répondant à une petite annonce parue dans les DNA, il y créa le SCS, en 1967, en compagnie de quelques autres doux dingues. Au fil des saisons et grâce à un investissement sans faille, il fit de son club un des tout meilleurs de France, un club respecté tout comme lui-même l’était.

Toujours présent, toujours disponible, Germain Spatz restera le “papa” sportif de beaucoup de ceux ayant, un jour, porté le maillot violet.

 

On n’oubliera sans doute pas ses coups de sang les soirs de match, on se souviendra surtout de ses coups de cœur. Un cœur qu’il avait énorme.

Germain Spatz s’en est allé rejoindre ceux, partis eux aussi trop tôt, avec lesquels il s’est donné corps et âme, sans jamais compter, pour que vive le handball. Il a retrouvé, là-bas, Francis Depp ou Branko Karabatic, Robert Demeusy ou Jean Willaume, d’autres encore. Il a retrouvé des amis, il en a quitté plus encore qui n’oublieront pas le sportif, encore moins l’homme.

 

« J’éprouve de la tristesse, énormément de tristesse, confie ainsi Vincent Momper lequel succéda à Germain Spatz à la présidence du SAHB en septembre 2009. Il n’y a pas de mot pour dire tout ce que Germain nous a apporté sportivement et humainement. Si nous en sommes là, le club et les hommes qui y sont passés, c’est grâce à lui. Personnellement, je lui dois énormément, beaucoup des superbes moments que j’ai vécus. C’est dur, très dur… »

 

François Berthier et Christian Omeyer, qui ont fait leur vie dans le handball grâce à lui, les joueurs qui ont appris la triste nouvelle dans le bus les menant à Chambéry, d’autres, beaucoup d’autres, tous sont sous le choc.

Germain Spatz s’en est allé. Mais il sera toujours là pour ceux, nombreux, qui l’ont aimé et auxquels il a tant donné.

 

A.V.