> L’avenir se conjugue au présent

Rédigé le 09/03/2015.

 

Sélestat méritait certainement mieux contre Saint-Raphaël. Ce match aura néanmoins permis à la jeunesse violette, Rudy Seri en tête, de montrer qu’il fallait compter avec elle. Dès maintenant.

 

C’est ce que l’on appelle saisir sa chance. Avec huit buts (son record en D1), Rudy Seri a crevé l’écran contre Saint-Raphaël.

 

 

Le Sélestadien avait une superbe carte à jouer mercredi. S’il s’était fait une place dans le groupe pro à l’aile gauche, il attendait toujours son heure à son poste de prédilection, celui d’arrière gauche.

 

« J’ai pu me montrer, mais ça aurait été bien mieux avec la victoire »

 

Les blessures des uns et des autres lui ont offert l’opportunité. Encore fallait-il la saisir… « C’était la première fois que je jouais arrière gauche en D1 depuis que je suis à Sélestat, souffle Rudy Seri. C’est mon poste. » Celui pour lesquelles ses qualités sont les plus adaptées.

 

« Des opportunités comme celles-là n’arrivent pas souvent, indique le joueur de 20 ans. Je savais que je devais être efficace, que je devais saisir ma chance sur ce match. Le coach m’a fait confiance. » Son joueur le lui a bien rendu.

 

Alors qu’il revenait de blessure, suite à une entorse contractée à Chambéry début février, le Violet a flambé. Quatre buts en première période, autant en seconde. Huit buts tous aussi importants les uns que les autres. Son triplé, entre la 48e et la 52e (25-27), a longtemps fait croire à l’exploit.

 

Les Varois lui ont offert des espaces et l’arrière gauche ne s’est pas fait prier, malgré une cheville « encore douloureuse », pour s’y engouffrer. « La défense n’était pas trop fixée sur moi », explique-t-il.

 

Rudy Seri, et c’est légitime, a apprécié sa prestation. Mais sans pouvoir pleinement s’en satisfaire. « On fait un sport collectif. Ce n’est pas que mes efforts n’ont servi à rien, mais on a perdu. J’ai pu me montrer, mais ça aurait été bien mieux avec la victoire. »

 

Sélestat a eu les ballons pour faire le break, sans les concrétiser

 

Car la frustration collective prime sur tout le reste. « C’est un peu énervant de se dire encore une fois que l’on y était presque, que l’on n’est pas passé loin. Je suis sûr que l’on aurait pu gagner ce match. »

 

Bien sûr, le manque de rotations a pesé. Mais l’Alsacien ne veut pas s’en servir comme d’une excuse. « Je n’ai pas le sentiment que l’on ait été à bout de souffle. En début et en fin de deuxième période, on perd des ballons importants. On a eu des balles pour faire le break durant la rencontre, mais on ne les a pas concrétisées. On peut mieux faire, mais on ne le fait pas », peste-t-il.

 

Et forcément, cela n’arrange pas du tout les affaires de Sélestat au classement. « On n’a plus de calculs à faire », avance Rudy Seri, qui, comme tous ses coéquipiers, n’entend surtout pas renoncer.

 

« Il faut toujours y croire, se battre jusqu’au bout. On peut le faire. Les blessés vont bientôt revenir (Ghita, Gudjonsson et Vujic sont attendus pour Tremblay et la 19e journée, ndlr) , cela va faire du bien au groupe. »

 

« Quand les blessés vont revenir, ce sera une autre histoire »

 

Contre Saint-Raphaël, Rudy Seri a montré qu’il constituait plus qu’une alternative au poste d’arrière gauche. La prochaine étape de son développement sera d’ailleurs de s’y faire une place, de s’y « épanouir ».

 

« Mais quand les blessés seront revenus, ce sera une autre histoire, sourit-il. Je vais continuer à bosser dur, pour essayer d’apporter à chaque match. »

 

S’il représente, avec d’autres (on n’oublie pas Yanis Lenne ou Julien Meyer), le futur de Sélestat, Rudy Seri a montré qu’il était déjà bien présent.

 

Article DNA Simon Giovannini

Photo : A. Kieffer