> Deux Violets en or !

Rédigé le 03/08/2015.

 

Le handball français a encore de beaux jours devant lui. Les juniors sont devenus, pour la première fois, champions du monde, dans la nuit de samedi à dimanche au Brésil. Et les deux Sélestadiens Julien Meyer et Rudy Seri n’y sont pas pour rien !

 

C’est une première qui fera date. Jamais les juniors, malgré de belles générations, n’avaient réussi à conquérir le monde. Jusque-là, le palmarès tricolore était “bloqué” à deux médailles de bronze aux Mondiaux, en 1997 et 2013 (avec l’Alsacien Antoine Gutfreund), et une autre breloque, toujours en bronze, à l’Euro 2008.

 

« Sans la présence de Julien (Meyer) , il n’y aurait pas eu de titre »

 

Pendant longtemps, on avançait à la Fédération que les équipes de jeunes n’avaient pas vocation à gagner des titres, mais qu’elles devaient avant tout préparer la relève pour les A. Avec une certaine réussite puisque Karabatic et consorts règnent sans partage sur la planète handball.

 

On voit désormais que les deux objectifs ne sont pas incompatibles. La voie avait été ouverte par les moins de 19 ans, sacrés champions d’Europe l’été dernier en Pologne (avec déjà deux Sélestadiens, Julien Meyer et Yanis Lenne).

 

Les juniors, que l’on n’attendait pas vraiment à pareille fête, les ont superbement imités au Brésil. Dans la nuit de samedi à dimanche, les Bleuets ont dominé les Danois en finale (26-24), sublime conclusion d’un parcours parfait (neuf victoires en autant de matches).

 

Ce titre mondial, le tout premier chez les juniors, vient confirmer l’excellence de la formation française. Mais aussi celle de la formation alsacienne – via le Pôle Espoirs de Strasbourg – et sélestadienne. Car cette fois encore, deux Sélestadiens faisaient partie de l’aventure : Rudy Seri (21 ans) et Julien Meyer (18 ans).

 

Le premier, arrivé à Sélestat en 2012, s’est révélé cette saison en D1 (51 buts en 21 matches). Le second n’a connu que le maillot violet depuis ses débuts et a réalisé quelques prestations remarquées en LNH.

 

Rudy Seri, leader défensif et offensif

 

Tous deux viennent de signer leur premier contrat pro et seront des piliers de l’opération remontée du club alsacien.

 

Thierry Demangeon, le responsable du centre de formation sélestadien, les connaît particulièrement bien. Et il se réjouit de leur exploit brésilien. « C’est super pour le club, surtout après une saison compliquée (Sélestat a été relégué en D2, ndlr). Ça annonce du positif pour l’avenir. »

 

Pour l’entraîneur de la réserve violette, il n’est pas vraiment surprenant de voir Rudy Seri et Julien Meyer briller. « Julien, Rudy et Yanis (Lenne) ont des capacités hors normes. On savait qu’ils allaient exploser, qu’ils avaient le talent pour être des joueurs de D1. Maintenant, ils le font aussi au niveau international. »

 

Car au Brésil, Julien Meyer, au but, et Rudy Seri, sur la base arrière, ont été des acteurs majeurs du succès tricolore. L’arrière gauche, pilier de la défense bleue, a ainsi inscrit 36 buts en 9 matches, le gardien a réalisé 104 arrêts en 8 rencontres (il n’est pas entré en jeu contre le Chili en phase de poules).

 

« Après l’Europe, le monde !, sourit Julien Meyer. C’est plus qu’une fierté personnelle, cela montre vraiment la domination du handball français. On remercie tous ceux qui nous ont soutenus, en direct ou au travers des réseaux sociaux. Ces petits messages quotidiens ont été notre force pendant ces Mondiaux car l’engouement qu’on sentait se construire derrière nous nous a portés sur le toit du monde. Merci du fond du cœur ! »

 

Il y a indéniablement du Omeyer chez Meyer

 

Le raccourci est certes facile, mais il y a indéniablement du Omeyer chez Meyer. Le portier alsacien, surclassé chez les juniors, a même été élu meilleur gardien des Mondiaux.

 

Et les hommages, déjà, commencent à pleuvoir. « Je suis, forcément, particulièrement sensible aux prestations de Julien Meyer. Sans sa présence, il n’y aurait pas eu de titre. Son arrivée a bonifié le groupe et peut-être aidé cette génération 94-95 à prendre confiance », soulignait ainsi sur le site internet de la FFHB Yohann Delattre, ancien gardien de but des “Barjots” champions du monde en 1995 et aujourd’hui sélectionneur des juniors.

 

On ne gagne pas une compétition sans un grand gardien. Les deux premiers titres des équipes de France jeunes – Euro U19 en 2014 et Mondial U21 – ont été décrochés avec Julien Meyer. Tout sauf un hasard.

 

Article DNA et Photo Stéphane Pillaud/IHF