> T. VALENTIN : « Une victoire n’aurait pas été un hold-up »

Rédigé le 23/09/2016.

 

Snobé par les recruteurs des pôles en raison de sa petite taille, Thibaud Valentin a pris des chemins de traverse pour accomplir son rêve de gosse. Mercredi, avec Sélestat, il a disputé un premier match de Starligue qui aurait pu se conclure victorieusement sans un départ poussif.

 

Quelques minutes après la douche, Thibaud Valentin n’avait qu’une envie : en terminer avec les civilités de l’espace VIP pour s’installer devant une bonne assiette. Comme un peu plus tôt sur le terrain, il était tiraillé par la faim. Cet appétit de ballons lui a permis de réaliser une prestation aboutie (5 buts sur 8 tirs), même s’il a « bouffé » deux-trois ballons, à l’occasion de sa première sortie parmi la grande ligue. Celle que les « spécialistes » des profils préfabriqués élaborés dans les laboratoires des directions techniques lui avaient conseillé d’oublier.

 

« Trop petit », qu’ils disaient pour jouer avec les grands. Les portes se sont toujours refermées devant ce têtu Lorrain jusqu’au jour où il a tenté sa chance à Sélestat. Là où on ne s’embarrasse pas de profils types, là où on tente parfois des coups. Thierry Demangeon avait alors proposé au jeune Messin d’émigrer en Alsace en lui offrant un strapontin au centre de formation du SAHB. Quitte à montrer au responsable du centre de formation sélestadien qu’il avait misé sur un bon prospect.

 

« Depuis tout petit, je voulais faire ça »

 

Deux ans plus tard, Thibaud Valentin lui a donné raison, réalisant au passage son rêve de gosse. Celui de jouer avec les grands, un an après avoir fait ses premiers pas en D2, l’étage inférieur. « Quand je rentre sur le terrain, ça ne me traverse pas l’esprit. Parce que je suis concentré. Sinon, je sors mentalement du match. Par contre, en amont, j’y ai pensé. Jouer en LNH, qu’on appelle maintenant Starligue, depuis tout petit, je voulais faire ça. »

 

Il n’est pas beaucoup plus grand que du temps où il apprenait le métier avec les réservistes du SAHB. Mais de son mètre 77, il en a fait un atout pour transpercer les défenses, qu’elles soient de D2 ou de D1. À l’entendre, ce n’est nullement une revanche sur le destin. « En arrivant à m’exprimer à ce niveau, je prouve aux personnes qui m’ont recalé que la taille ne doit pas être un critère pour éliminer les postulants à une carrière pro. La tête et le mental sont aussi des facteurs importants. »

 

Ce robuste gaillard, qui a fêté ses 20 ans au printemps dernier, ne se fixe pas de limites. « Je savais que je pouvais y arriver. J’ai d’autres qualités que d’autres n’ont pas. Je ne me prends pas la tête avec ça. Je prends juste du plaisir et j’essaie d’en profiter un maximum. »

 

Comme d’autres à l’étage inférieur la saison dernière, les Aixois l’ont découvert à leurs dépens. Quand celui qui espère un jour signer un contrat pro s’est transformé en catalyseur dans le dernier quart d’heure pour pousser ses coéquipiers à une révolte qui a failli aboutir. Malheureusement pour eux, elle est partie de trop loin (6 buts de retard à dix minutes de la fin : 19-25). Pourtant, on est en droit de se demander ce qui serait arrivé si les trois penaltys ratés par Sélestat entre la 45e et la 54e minute, étaient allés au fond. Au décompte final, il a manqué un but à Sélestat pour éviter la défaite, un autre pour débuter victorieusement son championnat (28-29).

 

Suite de l'article L'Alsace

Photo Alsa Sports SAHB