> Un passé dépassé

Rédigé le 29/09/2017.

Christophe Viennet va croiser la route de Besançon, où il a passé trente ans de sa vie. L’entraîneur violet aborde ces retrouvailles sans émotion, juste avec l’envie de faire avancer Sélestat.

Évacuons d’emblée une idée. Ce match n’est en aucun cas celui de la revanche pour Christophe Viennet. « Je ne suis pas quelqu’un qui regarde beaucoup le passé. Aujourd’hui, je suis Sélestadien à 100%. »

Et pourtant, jusqu’à cet été, le nouvel entraîneur violet n’avait connu qu’une ville, qu’un club : Besançon. Là où il est né voilà 40 ans, là où il a suivi les traces de son père, ancien joueur de hand et de rugby en D1. Avec “Besac”, évidemment.

« J’avais tout ce qui était important à mes yeux »

« J’ai pratiqué les deux sports jusqu’à l’âge de quinze ans. » Son entrée au Pôle Espoirs le fera bifurquer vers la petite balle ronde. Parce que ses qualités pour le hand étaient sans doute supérieures. Parce qu’il ne voulait sans doute pas non plus être le “fils de”. « Mon père entraînait l’équipe “une” du club de rugby, je n’avais peut-être pas envie de ça », confie-t-il.

Longtemps, son histoire avec Besançon a été belle. Parce qu’enrichissante. « J’ai rencontré deux de mes meilleurs amis en commençant le hand, illustre-t-il. Le plus important pour moi, ce sont les liens humains, les projets. » C’est sans doute la raison pour laquelle il n’a porté qu’un seul maillot durant sa carrière de joueur.

« J’ai eu des occasions de partir », raconte-t-il. Une seule fait poindre un soupçon de regrets. « Je voulais saisir celle pour aller à Créteil. J’avais 21 ans. Ça ne s’est pas fait… » Les suivantes ne parviendront pas à le faire quitter sa ville natale, son cercle familial et amical. « J’ai fait le choix du confort, admet-il avec sincérité. J’aimais bien profiter des choses de la vie. J’avais tout ce qui était important à mes yeux. »

En D1, en D2 et en N1, Christophe Viennet sera toujours l’ailier gauche de Besançon.

L’envie d’entraîner n’a cessé d’accompagner sa carrière de joueur. Après son dernier tour de piste sur les parquets, lors de la saison 2008-2009, il s’imaginait plutôt faire une coupure avec le milieu du hand. Mais c’est à lui, l’enfant du club, que l’on propose les clés de l’équipe pro. « Je n’étais pas très chaud au début. » Il plongera, conscient que le train passe rarement deux fois.

Tourné vers le présent et le futur de Sélestat

Christophe Viennet se retrouve à coacher ses « potes », les fait remonter immédiatement en D2. « C’était la rigolade, sourit-il. On relance alors le club, qui était en mauvaise posture. »

Mais à la longue, faire partie des murs n’est plus forcément un atout. Les coudées franches du début s’atténuent, les projets s’essoufflent, les inerties épuisent. Et les six derniers mois sont malheureusement venus entacher la fin de son parcours bisontin. « J’ai fait une année de trop, c’est clair, même si cela m’a servi dans ma construction professionnelle et personnelle. »

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Crédit Photo : G CANTARUTTI