> Digne d’un film à suspense

Rédigé le 30/04/2018.

Décidément ils aiment jouer avec le feu et avec les nerfs de leurs supporters. Ces deux dernières semaines, il fallait avoir le cœur bien accroché pour suivre les tribulations des Violets. « C’est vrai que, pour les cardiaques, c’est compliqué de suivre nos matches, surtout à distance , sourit Antoine Gutfreund, dont il faut souligner le parfait 3 sur 3 en terre limousine vendredi. C’était incroyable. Digne d’un film à suspense. Ce n’est pas volontaire mais, au moins, on repart avec quelque chose. »

Une semaine plus tôt, contre Créteil, les Violets avaient remonté trois buts d’écart dans la dernière minute pour partager la mise. Avant-hier, à Limoges, c’est deux buts de débours qu’ils ont effacé en trente secondes, pour égaliser juste avant le coup de sifflet final alors qu’on ne donnait plus cher de leur peau (27-27).

Un scénario à répétition assez incroyable que narre en détail l’arrière droit du SAHB. « À -2, à trente secondes de la fin, on tente le tout pour le tout en jouant à sept. On trouve une solution rapidement avec une passe à l’aile sur Thomas (Cauwenberghs) qui marque. Limoges prend le temps mort sur son engagement. Là, on fait une défense stricte tout terrain en se disant que, si à dix secondes de la fin on est encore en train de défendre, « monsieur Anquetil » irait devant et qu’on laisserait tirer nos adversaires. C’est ce qui s’est passé. À 29’50’’, un Limougeaud refuse le shoot, fait la passe à un autre qui transmet au pivot. C’est là qu’on intercepte la balle pour la transmettre à Arthur (Anquetil) qui marque une seconde avant le buzzer. »

Les Violets sont encore une fois passés à l’orange. Ils traversent ainsi le mois d’avril sans le moindre succès en trois sorties, mais travestissent leurs matches nuls en ersatz de victoires. Car leurs deux maigres points récoltés au cours des trois dernières sorties confortent finalement leur 5e place de Proligue qui devrait être celle qu’ils occuperont dans deux semaines au moment du décompte final.

« On aurait préféré faire un gros match et s’assurer une victoire, mais c’était quand même compliqué chez une équipe qui disputait son dernier match de la saison à domicile sans être encore sauvée , précise Antoine Gutfreund. On était dans un temps fort en fin de match. S’il y avait eu quelques minutes de plus, on serait passé devant. »

Pour l’ancien de Montpellier, ces fins de match épiques sont peut-être tirées par les cheveux, mais il préfère en retenir des enseignements positifs. « Quand c’est le quatrième « miracle » sur les huit nuls qu’on réalise, je me dis que ce n’est peut-être pas si anecdotique que ça. »

En plus des deux buts repris en trente secondes vendredi, il y a donc eu ces trois autres remontés dans la dernière minute la semaine précédente contre Créteil, le nul à l’aller contre cette même équipe après avoir compté six buts de retard à un quart d’heure de la fin, et, enfin, le scénario du match contre l’adversaire de la semaine prochaine, Vernon, rattrapé au gong sur un dernier but d’Anquetil, à deux secondes du terme.

« On ne se rend pas la vie facile, mais, au moins, on montre qu’on a des valeurs. On en a, comme on dit, s’esclaffe le natif de Strasbourg, qui voit poindre une fin de saison passionnante. On envoie un message fort à nos adversaires. On leur prouve qu’on est capables de revenir du diable Vauvert et que ce n’est jamais fini avec Sélestat. »

Reste un point à chercher à Vernon ou contre Cherbourg pour valider le billet pour les play-offs. « Ce serait génial si on pouvait revivre ça cette année. Le format de ces matches aller-retour est particulièrement excitant. Je mets volontairement des ‘‘si’’, parce que ce n’est pas encore acquis. »

Si Antoine et ses coéquipiers pouvaient éviter d’attendre la dernière seconde de la saison régulière pour se qualifier, personne ne leur en tiendrait rigueur.

Article DNA / Journal L'ALSACE - Christian Weibel

Photo Cyril GIFE (archives)