> « Pas de complexes à faire »

Rédigé le 07/05/2018.

Maintenant qu’ils ont officiellement décroché leur place en play-offs à une journée de la fin de la saison régulière de Division 2, les Sélestadiens ont une dizaine de jours pour préparer le premier tour contre Chartres et tenter d’aller au bout de l’aventure.

Un troisième nul de suite, vendredi à Vernon (23-23), a donc suffi à concrétiser la participation de Sélestat aux play-offs de Division 2. Une semaine avant la fin de la saison régulière, les hommes de Christophe Viennet ont validé leur billet et rempli la mission que le club leur avait assignée.

« C’est l’objectif qu’on nous avait donné. Maintenant, ça va nous ouvrir d’autres perspectives, souligne le coach du SAHB, qui va vivre, comme une bonne partie de son effectif, cette compétition bien particulière. Si je suis venu à Sélestat, c’est aussi pour ça. J’avais l’habitude de jouer le maintien et je ne suis pas arrivé dans cette perspective en Alsace. Ou alors, si, pour jouer le maintien, mais en Starligue, l’année prochaine. »

Le ton est donné. Sélestat va saisir sa chance à fond pour être l’heureux élu qui sortira du lot parmi quatre postulants à la montée en D1, montée qu’Istres est la seule à avoir décrochée directement, en assurant sa première place.

Comme deux ans plus tôt, le SAHB va donc devoir prolonger sa saison de deux semaines en espérant disputer quatre matches supplémentaires pour atteindre le nirvana. Au printemps 2016, les Violets y étaient parvenus en écartant Massy, puis Dijon en finale au terme de quatre combats inoubliables qui avaient enflammé le CSI.

La différence par rapport à deux ans plus tôt, c’est que Sélestat n’abordera pas ces matches avec le statut de tête de série. En 2016, son rang de 2e lui avait permis de disputer ses matches retour avec l’avantage de jouer à domicile, où le soutien du peuple sélestadien n’est pas une vue de l’esprit.

Cette fois, c’est davantage en outsider que Yoann Eudaric et les siens vont se lancer dans l’aventure. « À partir de maintenant, c’est un nouveau championnat qui commence. La balle est au centre  », estime Viennet. Le coach bas-rhinois ne veut pas s’encombrer la tête avec des références aux résultats de la saison régulière. Il balaye l’argument des deux défaites de son équipe contre Chartres, déjà favori pour la montée directe.

« De toute façon, en play-offs, il n’y aura pas de petites équipes. On voulait depuis le début de la saison vivre ce genre de matches. Je suis convaincu qu’on est prêts pour ça. Je n’ai pas arrêté de dire que le plus dur serait d’être en play-offs et que ce sera plus facile après. J’espère que ça se vérifiera. On a largement l’équipe pour les mettre en difficulté. »

Et de rappeler le contexte spécial du match aller, le premier de la saison : « On l’avait mal géré ». Christophe Viennet a aussi constaté que le match retour, perdu d’un but à Chartres, avait montré que ses joueurs étaient largement au niveau. « On va donc y aller déterminés. On n’a pas de complexes à faire ». Le défi est pourtant de taille puisque, depuis la mise en place des play-offs au printemps 2012, jamais un 5e de la saison régulière n’a remporté l’une des six éditions. Et qu’à l’exception de Chartres, l’an dernier, aucun numéro 5 n’a passé le premier tour.

Mais les statistiques sont là pour être contredites. Et les Violets, qui n’ont pas perdu contre Dijon et Pontault, les deux autres membres du top 5, ne vont pas s’arrêter à ces considérations.

« Si on veut remporter les play-offs, il faudra de toute façon battre tout le monde. Quel que soit l’ordre des matches, quel que soit l’adversaire. Il n’y a plus de calculs à faire. Tout le monde a envie d’aller au bout. Même les joueurs qui vont partir - des gens d’une grande honnêteté et d’un grand professionnalisme - donneront tout pour qu’on y arrive », affirme leur coach, qui s’apprête, en bon joueur de tarot, à sortir un atout de sa manche.

Absent toute la saison pour soigner ses ligaments du genou gauche, Yohan Herbulot va disputer ses premiers matches sous le maillot violet. Et si c’était le facteur X ?

 

Article L'ALSACE / DNA Christian WEIBEL

Photo : Cyril GIFE